La Montréalaise Homa Hoodfar accusée en Iran

La famille de la Montréalaise Homa Hoodfar, détenue en Iran, ignorerait toujours la nature des accusations qui pèsent contre elle.

Les agences de presse officieuses de l’Iran, ISNA et Tasnim, rapportent que des accusations ont été déposées à son endroit, mais que leur nature demeure inconnue.

Elles ont cité une déclaration du procureur de l’Iran, Abbas Jafari Dowlatabadi, selon laquelle trois Iraniens possédant une double nationalité et un étranger font face à de telles accusations.

Les quatre accusés, qui ont des liens avec le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni, seraient détenus par l’organisation paramilitaire les Gardiens de la Révolution.

Motif inconnu

Le motif des arrestations, qui ont été effectuées séparément, reste à préciser. Les familles des détenus soutiennent qu’ils n’ont rien à se reprocher. Cependant, l’un de leurs proches affirme que les Gardiens de la Révolution souhaiteraient « parvenir à une entente » avec le gouvernement britannique avant de relâcher son épouse.

La nièce de Mme Hoodfar, Amanda Ghahremani, a signifié par courriel que ses proches ne feraient aucun commentaire avant d’obtenir plus de renseignements. La famille n’aurait accès qu’aux informations qui circulent dans les médias.

Deuxième arrestation

Née en Iran, Homa Hoodfar est installée à Montréal depuis 30 ans. D’après sa famille, elle s’était rendue en Iran au début du mois de février pour visiter ses proches et mener des recherches archivistiques à la bibliothèque parlementaire de Téhéran.

La professeure de l’Université Concordia à la retraite avait été arrêtée une première fois en mars, peu avant de quitter l’Iran, et s’était vu interdire de sortir du pays. Elle a été arrêtée à nouveau le 6 juin et on ne l’a pas remise en liberté depuis.

Les trois autres accusés sont l’Irano-Américain Siamak Namazi, l’Irano-Britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe et l’Américain d’origine libanaise Nizar Zakka.

L’Iran ne reconnaît pas les doubles nationalités. De tels détenus sont normalement traînés devant la Cour révolutionnaire d’Iran, un tribunal à huis clos qui entend les causes impliquant des tentatives de renversement du gouvernement.

Bien que les autorités iraniennes n’en aient pas officiellement fait la demande, plusieurs analystes estiment qu’elles souhaitent réaliser un échange de prisonniers.

1 commentaire
  • Michel Lebel - Abonné 11 juillet 2016 15 h 44

    Quel risque!


    Pour une femme ayant la double nationalité, l'iranienne et une autre, quel grand risque à prendre que d'aller en Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité. Je ne saisis pas pourquoi quelqu'un prend un tel risque. Enfin, le gouvernement canadien doit tout faire pour sortir Mme Hoodfar de la prison et de l'Iran.

    M.L.