Fayçal Djelidi embauché malgré un procès au civil

Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet

Le passage d’un des policiers arrêtés jeudi par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) devant la Cour supérieure du Québec, pour avoir crevé l’oeil de son compagnon de classe en 2000, n’a vraisemblablement eu aucun impact sur son embauche au sein du corps de police de la métropole.

« Un procès au civil n’a pas de lien ou d’incidence sur le dossier criminel d’une personne. Il n’y a donc pas matière à rejeter la candidature d’une personne sur ce motif », a écrit vendredi dans un courriel Marie-Élaine Ladouceur, chargée de communication aux relations médias du SPVM.

Elle répondait ainsi à une demande du Devoir, qui souhaitait discuter de l’embauche de Fayçal Djelidi au SPVM malgré un jugement sévère rendu à son endroit en 2006.

À l’époque, la juge Sylviane Borenstein de la Cour supérieure avait condamné le jeune policier et le Collège de Maisonneuve, où il a étudié en 2000, à verser près d’un million de dollars à Vincent Imbeault, dont l’oeil s’est liquéfié après qu’il eut été pris de court par un coup porté par Fayçal Djelidi dans un cours intitulé « Se défendre contre les coups frappés ». La juge n’avait accordé aucune crédibilité au témoignage de M. Djelidi, car il avait fourni selon elle « une version [des événements] évolutive et remplie de contradictions ». Elle avait aussi souligné qu’il ne s’était « pas comporté en élève prudent et diligent » en continuant de frapper son collègue malgré ses avertissements.

Jeudi, Fayçal Djelidi et son collègue de la Division Sud David Chartrand, de même que deux autres policiers, ont été arrêtés. L’enquêteur Chartrand est accusé de parjure et de tentative d’entrave à la justice. M. Djelidi fait face aux mêmes chefs d’accusation, auxquels s’ajoutent ceux d’abus de confiance, de sollicitation et d’obtention de services sexuels moyennant rétribution. Les deux policiers ont été suspendus sans solde.

Les agents arrêtés vendredi auraient opéré une mauvaise gestion de leurs sources. Ils font donc l’objet d’une enquête de la Division des affaires internes, selon ce qu’a rapporté le chef du SPVM, Philippe Pichet.

1 commentaire
  • Maryse Veilleux - Abonnée 8 juillet 2016 20 h 08

    Pas fort

    On voit la vision du SPVM de ne pas avoir tenu compte d'un tel événement. Certe si cela avait été involontaire la situation aurait été diféfrente, mais il est mentionné que le monsieur continuait de frapper son collègue malgré des avertissements. Cela donne déjà une bonne idée de comment il se comportera avec les citoyens.... ou ses collègues.