L’ex-président de la Société des ponts fédéraux accusé de fraude

Michel Fournier a été président de la Société des ponts fédéraux et président du conseil d’administration de la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Michel Fournier a été président de la Société des ponts fédéraux et président du conseil d’administration de la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain.

La GRC a déposé des accusations de fraude et d’abus de confiance contre l’ancien président de la Société des ponts fédéraux, Michel Fournier, relativement à des pots-de-vin de 2 millions de dollars que lui aurait versés SNC-Lavalin.

Les paiements auraient été faits à l’époque où un contrat avait été octroyé à SNC-Lavalin, qui dirigeait le consortium Groupement SMDB, pour des travaux de réfection effectués sur le pont Jacques-Cartier, a indiqué Brigitte Mineault, porte-parole à la Division nationale de la GRC.

Michel Fournier était alors président de la Société des ponts fédéraux et président du conseil d’administration de la société Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée, a précisé Mme Mineault.

M. Fournier fait face à des accusations de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance, de possession de biens criminellement obtenus et de recyclage de produits de la criminalité.

Des accusations de possession de biens criminellement obtenus et de recyclage de produits de la criminalité ont aussi été portées contre son épouse, Judith Barkley Fournier.

Les deux accusés ont été remis en liberté avec promesse de comparaître au palais de justice de Montréal le 26 septembre prochain.

La société Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée a été avare de commentaires, se contentant de dire qu’elle collaborait « pleinement » avec les autorités dans le cadre de cette enquête. La société fédérale a rappelé que M. Fournier avait démissionné de ses fonctions en 2007.

Le contrat au coeur de cette affaire avait été accordé en 2001 au consortium Groupement SMDB, formé des firmes SNC-Lavalin, Demathieu Bard et Montacier. D’une valeur de 120 millions, il visait le remplacement du tablier du pont Jacques-Cartier et la pose de 1518 nouvelles dalles de béton.

La firme SNC-Lavalin avait même reçu un prix du Precast/Prestressed Concrete Institute, un organisme de Chicago spécialisé dans le domaine de l’ingénierie, pour les travaux effectués sur le pont.

Versements suspects

En février 2014, Radio-Canada avait révélé que Michel Fournier faisait l’objet d’une enquête en raison de versements suspects dans un compte bancaire qu’il avait ouvert en Suisse. Entre 2002 et 2004, des versements totalisant près de 1,5 million auraient été faits par l’agence Promotag, une entreprise à laquelle SNC-Lavalin faisait régulièrement appel.

Questionné par Radio-Canada, Michel Fournier avait d’abord nié avoir ouvert ce compte en Suisse avant d’admettre l’avoir fait pour sa belle-soeur et avoir servi de prête-nom. Mais il disait ne pas pouvoir expliquer les paiements effectués par Promotag, car, affirmait-il, il ne recevait aucun relevé bancaire pour ce compte.

Ex-directeur de cabinet de Jean Chrétien alors que celui-ci était chef de l’opposition à Ottawa, M. Fournier a aussi occupé la fonction de directeur général du Parti libéral du Canada au Québec avant de devenir grand patron de la Société des ponts fédéraux.


 
9 commentaires
  • Marc Leclair - Inscrit 29 juin 2016 13 h 36

    Plus on vire les roches de bord, plus ça grouille de vers.

  • Steve Brown - Inscrit 29 juin 2016 15 h 25

    Le labyrinthe des lois

    Un autre qui n'aura jamais de procès.

    Les libéraux font traîner les causes de leurs travailleurs spéciaux, comme ce fut le cas pour Jacques Corriveau (mais dont le procès est peut-être terminé maintenant) et un beau jour la GRC ferme le dossier. Devinez pourquoi?

    Steve Brown
    Charny

  • André Nadon - Inscrit 30 juin 2016 05 h 01

    Savoir s'entourer.

    Est-ce la confirmation de l'adage: dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.?

  • Michel Thériault - Inscrit 30 juin 2016 06 h 45

    Un "libéral" corrompu ?

    [ "…directeur général du Parti libéral du Canada au Québec…" ]

    Un "libéral" corrompu ? Ben voyons donc, vous faites sûrement erreur.

  • Serge Beauchemin - Abonné 30 juin 2016 07 h 13

    Vu du ROC

    "Encore un Québécois" dira le ROC...