La prison Leclerc bientôt visitée par l’ONU?

Devant le refus du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, de permettre à une mission d’observation d’évaluer les conditions de vie des prisonnières de l’Institut Leclerc, la juriste Lucie Lemonde, de la Ligue des droits et libertés (LDL), étudie la possibilité de faire appel auprès d’une instance supérieure. « On regarde vers l’international pour voir. On peut demander une visite de l’ONU ou autre. »

La Ligue des droits et libertés et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ne baissent pas du tout les bras devant le refus du gouvernement du Québec de les voir mener cette mission d’observation. Le groupe se réunit ce jeudi pour lancer « un plan B ».

Le ministre Coiteux a confirmé le 7 juin que son cabinet refusait que des observateurs indépendants prennent eux-mêmes la mesure de la réalité vécue par environ 240 prisonnières de cet établissement provincial décrié par plusieurs témoins.

La situation difficile que vivent ces femmes depuis leur transfert dans cette ancienne prison fédérale désaffectée justifie amplement la mission d’observation, considère Lucie Lemonde. « On a reçu toutes sortes de témoignages de détenues, de visiteuses. C’est pire qu’on pensait : menace de confinement pour une qui demande à parler à son avocate ou à porter plainte au protecteur du citoyen, et autres histoires de ce genre. »

Pour Carole Poirier, députée du Parti québécois, il est difficile d’expliquer pourquoi le ministre Coiteux se rebute ainsi devant la Ligue des droits et libertés ainsi que la Fédération des femmes du Québec. D’autant plus qu’elles sont appuyées dans leur démarche par plusieurs groupes, notamment des avocats. « Je ne sais pas ce que le ministre a à cacher. Il dit que ça va mieux, que ça s’améliore. Mais on ne voit personne venir nous expliquer que ça va mieux ! Les témoins que nous avons ne nous disent pas ça ! »

Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, croit que le ministre Coiteux doit formellement offrir à cette mission d’observation d’avoir lieu. Pour ce faire, elle pourrait être accompagnée par le protecteur du citoyen. « Le seul angle d’approche ici doit être celui du bien-être et des droits de ces citoyens. »

La députée est par ailleurs convaincue que le gouvernement ne pourra maintenir longtemps les femmes dans cette prison pour hommes. « Visiblement, le ministre Coiteux et sa chef de cabinet sont très mal à l’aise avec la situation des femmes à l’Institut Leclerc. Mais on ne peut pas attendre qu’elles soient à nouveau transférées ailleurs, dans de meilleures conditions, pour que la situation change ! Le ministre Coiteux doit agir tout de suite. Sur la question de la santé notamment. Il est extrêmement préoccupant que même des rencontres pour les alcooliques anonymes ne puissent pas avoir lieu. »

  
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