Plus d’arbres égale meilleure santé

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Les personnes vivant dans les quartiers verts ont tendance à être plus actives.
Photo: Fred Lum The Globe and Mail Les personnes vivant dans les quartiers verts ont tendance à être plus actives.

Ce texte fait partie du cahier spécial Environnement - Infrastructures naturelles

On sait que dans une ville, les arbres améliorent grandement la qualité de vie de tout le monde. Mais une équipe de chercheurs des universités de Toronto et de Chicago vient de démontrer que le simple fait qu’un pâté de maisons bénéficie de la présence d’une dizaine d’arbres fait une différence marquée sur la santé des gens du voisinage.

« Nous avons cherché à savoir si ceux qui vivent dans des rues où il y a des arbres sont plus en santé que les résidants de rues sans arbres », indique l’un des auteurs de l’étude, Faisal Moola, professeur à l’Université de Toronto et directeur général de la section Ontario et territoires du Nord de la Fondation David Suzuki.

« Et ce que nous avons trouvé, poursuit-il, c’est que, de fait, ceux qui vivent dans un pâté de maisons où il y a dix arbres ou plus ont nettement moins de problèmes cardiométaboliques — de sérieux problèmes de santé comme les maladies cardiaques, la haute pression, le diabète, l’obésité, etc. »

Pour ce faire, les chercheurs ont corrélé deux séries de données : l’inventaire détaillé du demi-million d’arbres de la ville de Toronto avec l’inventaire de l’état de santé de chacun des citadins.

Or, en éliminant tous les facteurs socio-économiques qui jouent sur la santé (âge, ethnie, revenu familial disponible, etc.), ils ont clairement fait ressortir que la présence d’arbres dans le voisinage a une incidence déterminante sur l’état de santé des résidants.

En fait, relate le Pr Moola, le simple fait de bénéficier de dix arbres sur un pâté de maisons contribue autant à la santé des résidants que le ferait une augmentation de leur revenu familial de 10 000 $ par année ! « Bien sûr, les facteurs socio-économiques sont très, très importants sur la santé des gens, dit-il, mais la présence de verdure dans le voisinage l’est tout autant. »

Il avance même trois raisons pour expliquer ce fait. « Premièrement, nous pensons que ceux qui vivent dans les quartiers plus verts ont tendance à être plus actifs, puisqu’il est plus agréable de marcher le long de rues où il y a des arbres que sur des rues sans verdure — ce qui, bien sûr, est bénéfique pour la santé. »

« Deuxièmement, nous savons que la présence de verdure dans le voisinage réduit le stress qu’on subit. Or, on sait que le stress est un facteur majeur dans bon nombre de maladies cardiométaboliques. »

« Et troisièmement, nous pensons que les arbres filtrent une bonne part de la pollution de l’air, un autre facteur important… particulièrement en ce qui concerne les maladies respiratoires. »

En conséquence, les chercheurs invitent les décideurs politiques, qui cherchent sans cesse à réduire les coûts des soins de santé, à développer des quartiers avec davantage d’infrastructures vertes. « Et en tout premier lieu, nous leur recommandons fortement de commencer par les quartiers les moins favorisés, énonce Faisal Moola, et aussi à procurer aux jeunes de ces quartiers l’accès à des zones de verdure, comme des camps d’été… »