60 heures de travaux communautaires demandées pour Stéfanie Trudeau

L’ex-policière Stéfanie Trudeau connaîtra sa sentence jeudi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’ex-policière Stéfanie Trudeau connaîtra sa sentence jeudi.

Alors que la défense a demandé l’absolution, la Couronne a suggéré une peine de 60 heures de travaux communautaires pour la policière Stéfanie Trudeau, alias « matricule 728 », qui, en février dernier, avait été reconnue coupable de voies de fait en lien avec une arrestation musclée effectuée en 2012 dans un appartement du Plateau-Mont-Royal.

Le juge Daniel Bédard a indiqué qu’il prononcerait une sentence jeudi après-midi, même si l’accusée eût souhaité une décision dès mardi et qu’elle n’a pas caché son exaspération quant à ce délai.

Stéfanie Trudeau est passible d’une peine maximale de six mois de prison, mais la Couronne a suggéré une peine avec sursis de 12 mois et 60 heures de travaux communautaires. Me Jean-Simon Larouche s’est toutefois opposé à l’absolution réclamée par la défense, faisant valoir que Stéfanie Trudeau avait utilisé une force abusive lors de l’intervention et qu’elle n’exprimait aucun remords ou regret quant aux gestes qui lui sont reprochés. La policière a d’ailleurs porté son verdict en appel.

De son côté, l’avocat de la policière, Me Jean-Pierre Rancourt, a souligné que les gestes posés par sa cliente n’avaient causé aucune blessure sérieuse. Il a demandé au juge de tenir compte de la pression médiatique subie par sa cliente à la suite de ces événements et des conséquences sur sa vie familiale. Âgée de 44 ans, Mme Trudeau a dû faire une croix sur sa carrière de policière, mais elle envisage de travailler dans le domaine de la sécurité privée. Une condamnation nuirait à l’obtention d’un emploi, a expliqué Me Rancourt.

Le juge Bédard a rétorqué que Stéfanie Trudeau avait participé à la médiatisation de son propre cas en publiant un livre et en accordant des entrevues aux médias. Il a également signalé ses réserves quant à l’absolution puisqu’il s’agit d’une policière et que dans une société démocratique, bien que les policiers détiennent beaucoup de pouvoirs, le public comprend qu’« un policier ne peut brutaliser un citoyen ».

Rappelons que le soir du 2 octobre 2012, Stéfanie Trudeau, accompagnée de son partenaire de patrouille, Kevin Henry, avait interpellé Rudi Ochietti qu’elle avait aperçu tenant une bière à la main sur le trottoir devant le 4381, rue Papineau. Le peintre de 49 ans avait refusé de s’identifier, après quoi l’opération avait dégénéré. La policière s’en était ensuite prise à Serge Lavoie, qu’elle avait tenté de maîtriser en ayant recours à la technique de l’encolure. La scène avait d’ailleurs été filmée.

Dans son jugement rendu en février, le juge Daniel Bédard avait estimé que l’accusée avait eu recours à une « force excessive et démesurée » lors de cette opération policière qualifiée de « brutale » et « motivée par la rage ».

5 commentaires
  • Martin Richard Mouvement Action Chômage Montréal - Abonné 25 mai 2016 07 h 27

    La matraque enragée

    60 heures de travaux communautaires. Quelle blague ! Ou quelle honte ? Hummm, à bien y penser, les deux.

  • François Dugal - Inscrit 25 mai 2016 08 h 07

    Enrichissons notre vocabulaire

    Adulte :
    Personne qui assume les conséquences de ses gestes.

  • Christian Montmarquette - Abonné 25 mai 2016 10 h 48

    Stéphanie Trudeau : BS et gratteuse de guitare


    Depuis quand la loi protège-t-elle la réputation des criminels, alors que c'est un des rôles de la justice de les dénoncer pour protéger le public? Et particulièrement dans des cas de crimes contre la personne!

    - Que Stéphanie Trudeau assume ses gestes et qu'elle goûte à sa propre médecine en devant elle-même une "BS-gratteuse-de-guitare" pour comprendre ce que ça fait de se faire mépriser de la sorte et ce que signifie avoir une contrainte à l'emploi.

    Christian Montmarquette

  • Claude Lemire - Abonné 25 mai 2016 11 h 18

    Scandaleux de réclamer une si petite peine


    Je trouve incroyable que La Couronne réclame une peine de seulement 60 heures de travaux communautaires.... 60 mois de prison aurait constitué une peine plus appropriée, vu la violence de ces arrestations illégales...

    (Rappelons nous le cas de ce jeune homme qui a été condamné à la prison pour avoir collé des étiquettes avec l'inscription OGM dans une épicerie Provigo...)

    Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour.....

    • Sylvain Auclair - Abonné 25 mai 2016 15 h 41

      Je crois que la procédure sommaire qui a utilisé pour accélérer et faciliter son procès ne permet pas d'imposer une peine aussi lourde que vous le souhaiteriez.

      Faut pas oublier que la police fait partie du système de justice et qu'il est très difficile pour ses acteurs d'avoir envers un policier la meme vision que nous.