La communauté rejette le scénario d’un mur de protection

« La voie actuelle qui passe au centre-ville, on n’en veut pas », dit le maire Cloutier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir « La voie actuelle qui passe au centre-ville, on n’en veut pas », dit le maire Cloutier.

La voie de contournement de Lac-Mégantic reste « la seule solution possible ». La communauté n’acceptera jamais le scénario améliorant la sûreté du chemin de fer qui passe au centre-ville en érigeant des murs de béton allant jusqu’à cinq mètres de hauteur, prévient le maire, Jean-Guy Cloutier.

« La voie actuelle qui passe au centre-ville, on n’en veut pas. Le scénario qui prévoit des modifications avec des murs de béton de 15 pieds de haut, on ne fera jamais ça, dit le maire de Lac-Mégantic au Devoir. La voie de contournement, c’est ce qu’on veut et c’est ce qu’on dit à nos citoyens. Quand on leur dit ça, ils ont le sourire », ajoute-t-il.

La firme AECOM a dévoilé mardi un rapport préliminaire sur la façon d’améliorer la sûreté du transport par train à Lac-Mégantic. Presque trois ans après la tragédie qui a fait 47 morts, la petite ville reste traumatisée par la catastrophe.

Plus de 65 % des adultes de Lac-Mégantic présentent des symptômes modérés ou sévères de stress post-traumatique, selon des chiffres de la Santé publique cités par AECOM. Plus du tiers (34 %) souffrent de détresse psychologique et 14 % ont des troubles anxieux — des proportions nettement plus élevées qu’ailleurs en Estrie.

Voie de contournement ou mur

Pour toutes ces raisons, les gens de Lac-Mégantic tiennent à tout prix à sortir les trains du centre-ville. La firme AECOM suggère trois voies de contournement possibles et un autre scénario, qui consiste à améliorer la sûreté de la voie existante, au centre-ville. La voie de contournement optimale coûterait 115 millions de dollars à aménager sur une distance de 11,9 kilomètres, entre Nantes et Frontenac. Cette somme inclut le coût de construction de 112 millions, la démolition de la voie existante (1,4 million) et l’entretien sur 40 ans (1,2 million). Deux autres voies de contournement sont jugées trop chères et peu pratiques par la firme de génie-conseil.

L’entreprise AECOM, qui a eu le mandat d’envisager tous les scénarios possibles, évoque l’amélioration de la voie actuelle, qui passe au centre-ville de Lac-Mégantic. Cette solution coûterait entre 20 et 30 millions de dollars. Il faudrait enclaver la voie ferrée avec des murs de protection, des murs antibruit et d’autres mesures visant à protéger la population en cas de déraillement.

Même si cette solution est rejetée catégoriquement par la communauté, il faut l’évoquer pour bien défendre la nécessité d’aménager une voie de contournement, explique le maire Jean-Guy Cloutier. Une éventuelle étude du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur la voie de contournement, entre autres, demanderait sans doute des explications sur tous les scénarios possibles.

Suivre les étapes

La Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire estime que le gouvernement Trudeau devrait s’engager dès maintenant à financer la voie de contournement. Si tout va comme prévu, la voie serait terminée en 2022 — neuf ans après la tragédie. C’est un délai ridiculement trop long, a fait valoir Robert Bellefleur, porte-parole de la coalition.

Au bureau du ministre des Transports, Marc Garneau, on indique que le gouvernement compte suivre les étapes avant de s’engager dans une voie ou dans l’autre. La Ville de Lac-Mégantic a elle-même mandaté la firme AECOM pour étudier tous les scénarios (la facture de 950 000 $ est partagée entre Ottawa et Québec), souligne-t-on à Ottawa. « Il serait prématuré pour moi aujourd’hui de me prononcer sur cette toute première phase [sur trois] de cette étude, de même que sur les possibles conclusions de l’ensemble de cette étude », indique-t-on par courriel.

« J’attends avec intérêt la conclusion de l’ensemble de cette étude de faisabilité importante pour la communauté. Je suis déterminé à poursuivre l’engagement du gouvernement du Canada concernant la reconstruction de Lac-Mégantic et à contribuer à rassurer les citoyens de Lac-Mégantic sur la sécurité ferroviaire. »


 
4 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 12 mai 2016 08 h 23

    Encore des grenouilles qui s'activent

    Encore des grenouilles qui s'activent

  • Jean-Marc Simard - Abonné 12 mai 2016 08 h 44

    Mur de protection ? Ben voyons donc ???

    Que ne va-t-on pas encore inventer pour ne pas financer une voie de contournement...Proposer un mur de protection est tout simplement stupide et non rationnel...Pensez-vous vraiment qu'un mur de protection protègera la population advenant un nouveau déraillement ? Voyons donc... En outre il érigera un obstacle à la vue sur le lac contribuant à dégrader la ressource touristique qu'il renferme...Pour régler le problème qui affecte la circulation ferroviaire au centre-ville de Lac mégantic, il faut une voie de contournement, point final, peu importe ce que cela coûtera...Cette cause est déjà entendue au tribulal des 42 Méganticois qui ont perdu la vie...

  • - Inscrit 12 mai 2016 17 h 08

    Où sont leurs députés ?

    On n'entend jamais parler des députés de cette région, tant celui qui vient d'être élu à Ottawa (conservateur) que celui de Québec (libéral).
    Les électeurs en ont-ils conscience ?

  • Sylvain Auclair - Abonné 12 mai 2016 18 h 23

    Le premier avantage d'une voie de contournement...

    c'est qu'elle va être neuve...