Premier rapport: Mazda3 et Mazda3 Sport - La crème de la crème!

Nos cousins d'outre-Atlantique sont friands de ces compactes et sous-compactes à hayon au comportement fougueux et à la consommation d'essence peu élevée. Une recette qui connaît aussi du succès au Québec, par chance. Car la Mazda3 reprend cette thématique à la virgule près.

Pourquoi détonne-t-elle tant de ses consoeurs vendues en sol nord-américain? Quand on fait le tour de ce que la concurrence a à proposer, on en arrive à une conclusion rapide: seuls les produits griffés du sigle azur de Volkswagen sont aussi originaux. Ailleurs, on joue la carte du conservatisme.

Deux en un

On fait l'analyse de la Mazda3 et de la Mazda3 Sport (la version à cinq portes) comme on tisse une toile: on y rattache de nombreux autres modèles qu'elle côtoie plus ou moins.

Les deux quatre-cylindres qui figurent au menu sont une pure création de Mazda, mais on les retrouvera prochainement sous le capot de la nouvelle Focus, de Ford. Quoiqu'en versions moins puissantes, en raison de certains aléas de la législation antipollution américaine. Quelle ironie!

Côté suspension, on a droit à quelque chose de similaire, à l'arrière, à ce qu'on peut découvrir derrière les roues de la Mazda6, la berline intermédiaire de la famille. Optimisation: tenue de route. L'idée était sans doute de minimiser le sous-virage, une mission accomplie.

On peut repocher à la Protegé5 de laisser les occupants de la banquette sur leur appétit, voire de les forcer carrément au régime strict. Hourra Milou!, s'écrierait Tintin, après inspection de la Mazda3. L'élargissement de la voie de même que l'empattement allongé ont créé un vide qui est bienvenu dans cette région. Aussi, les ingénieurs ont triché un brin: le coffre est décidément étroit, même sur la cinq-portes.

La structure sur laquelle repose la carrosserie a été spécialement mise au point par Volvo, les spécialistes ès sécurité passive. Elle redirige l'énergie d'un impact frontal sur les piliers centraux de la voiture et fait en sorte que l'espace pour les jambes reste intact, tandis que la colonne de direction se déforme vers l'avant, une bonne nouvelle pour la boîte crânienne du conducteur, si accident il y a.

Puisqu'on aborde le sujet, sachez que la compacte japonaise n'a rien du crâneur, justement. À l'intérieur, on en arrive à se demander comment on a pu réunir un tel assemblage d'accessoires sans défoncer la marge de profit sur le prix de détail. Les trois cadrans, séparés et scintillants, sont un emprunt au coupé de Mazda, le RX-8, tout comme la console, qui est certainement très élégante. Mais, voyez, avec une paire de mitaines, en février, changer la fréquence de la radio ou utiliser la ventilation sans lâcher la route des yeux relève de la chance ou d'une longue expérience accumulée, si vous voulez mon avis. Cela dit, pour le «look», rien à redire. Tout comme l'espace de rangement. Les porte-gobelets se reproduisent comme des petits lapins, oserais-je même illustrer: on en trouve un peu partout, certains étant incorporés aux vide-poches logés dans les portières.

Côté conduite, les séquences en accéléré de la pub «Vroum-vroum» de Mazda ne mentent pas: la Mazda3 est très plaisante à piloter. Dans les sentiers sinueux de Chantilly, en France, où l'on a pu essayer le véhicule, on a apprécié les qualités dynamiques de la Mazda3. Les 160 chevaux du moteur quatre cylindres de 2,3 litres assurent une accélération constante et des reprises honnêtes, malgré une accélération qui semble parfois laborieuse. L'autre moteur, un deux-litres de 148 chevaux, s'avère surtout plus économique, du point de vue consommation d'essence. À tous les coups, ce n'est pas une Honda Civic! La boîte manuelle à cinq rapports est une version améliorée de celle de la Mazda6. La manipulation du levier de rapports est exemplaire.

Il suffit d'un rapide séjour en banlieue parisienne pour constater une chose: dans l'ensemble, la Mazda3 n'a rien d'original. En fait, elle réitère drôlement bien un stéréotype relatif aux constructeurs d'automobiles japonais: on prend une formule gagnante, on la copie et on la perfectionne. Dans ce cas-ci, le but était de créer une compacte qui aurait l'allure et le comportement routier d'une européenne. Selon vous, l'expérience est-elle concluante?

Sur les routes ceinturant la charmante ville de Chantilly, d'où nous provient la crème du même nom, on la perdrait de vue, ne serait-ce de la couleur cuivrée de la carrosserie des modèles d'essai. Au volant, toutefois, c'est autre chose. La crème de la crème, quoi!