Facebook se défend d’avoir des opinions politiques

Facebook affirme être «un service où l’ensemble du spectre politique peut s’exprimer, par les personnes et leurs idées».
Photo: Karen Bleier Agence France-Presse Facebook affirme être «un service où l’ensemble du spectre politique peut s’exprimer, par les personnes et leurs idées».

Après les accusations, la riposte. Facebook a nié catégoriquement mardi la manipulation dans l’affichage de l’information sur les pages de ses abonnés en vue de favoriser la progression d’idées libérales et de contrecarrer l’avancement de perspectives plus conservatrices, comme un ex-employé de la multinationale de la socialisation vient de le révéler dans les pages du journal en ligne Gizmodo. Cette manipulation, prétend Facebook, serait « techniquement irréalisable ».

« Nous prenons ces allégations très au sérieux, a indiqué sur sa page Facebook Tom Stocky, responsable de l’équipe des « Trending Topics », ces sujets dans l’air du temps et en mouvement qui apparaissent sur les pages des abonnés, et nous n’avons trouvé aucune preuve que ces accusations portées de manière anonyme étaient vraies. »

 

Geste routinier

Lundi, un ancien employé de Facebook, affecté à la hiérarchisation de l’actualité du jour dans cet environnement social, a indiqué que la suppression d’articles à saveur conservatrice de la section des sujets de l’heure était un geste routinier, et ce, dès que des papiers concernant des candidats à la chefferie républicaine ou des enjeux sociaux liés à la droite politique américaine émergeaient par eux-mêmes dans le système d’affichage de l’information de Facebook. L’information a été corroborée, affirme Gizmodo, par plusieurs employés présents et passés de cette division.

L’ex-employé affirme également que des sujets sont régulièrement « injectés » dans le fil des sujets de l’heure de manière à forcer leur partage. Cela aurait été le cas pour le mouvement et le mot clé #BlackLivesMatter (la vie des Afro-Américains a de l’importance), qui a fait vibrer les réseaux sociaux dans la foulée de plusieurs meurtres de membres de cette communauté par des policiers. « Nous n’ajoutons pas de sujets artificiellement dans les tendances, écrit M. Stocky, et ne donnons pas d’instructions à nos réviseurs de le faire. »

Facebook, assure ce responsable d’équipe de contrôle des contenus, « est un service où l’ensemble du spectre politique peut s’exprimer, par les personnes et leurs idées. Nos équipes doivent respecter des règles de conduite rigoureuses afin d’assurer cette constance et cette neutralité ».

Les accusations de manipulation de l’information à des fins partisanes interviennent quelques jours à peine après que des employés de Facebook eurent demandé à leur patron, Mark Zuckerberg, s’ils devaient contribuer à arrêter la progression de Donald Trump, candidat républicain, vers la porte de la Maison-Blanche. Une fuite d’information qui a également été amenée sur la place publique par Gizmodo et son journaliste Michael Nunez, qui, à l’époque, a forcé Facebook à se défendre en rappelant qu’elle était une « compagnie neutre » qui n’utilisait pas « ses produits » afin d’influencer le vote de ses abonnés.

1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 11 mai 2016 17 h 25

    Tiens, tiens...

    heureusement que ça ne se passe pas ainsi ...chez nous! hem, hem :-)
    n'est-ce pas ?!