L’avocate de Ghomeshi aurait proposé l’entente avec la victime présumée

L’entente qui obligerait Jian Ghomeshi à s’excuser et à signer un engagement à ne pas troubler l’ordre public en échange de l’abandon d’une accusation d’agression sexuelle contre lui aurait été suggérée par l’avocate de l’ex-animateur de radio, selon une source bien au fait des procédures.

Pour que l’accusation soit retirée, Jian Ghomeshi devra admettre qu’il a commis une inconduite à l’égard de son ancienne collègue, en plus de présenter ses excuses. L’entente devrait être formalisée lors d’une audience mercredi.

La source a insisté pour conserver son anonymat étant donné le caractère délicat de l’affaire, qui est toujours devant les tribunaux.

Mardi, le ministère du Procureur général de l’Ontario a annoncé que l’audience aurait lieu mercredi, devant le juge Timothy Lipson de la Cour de justice de l’Ontario. Jian Ghomeshi, âgé de 48 ans, devait subir son procès le mois prochain pour faire face à une accusation d’agression sexuelle, en lien avec un incident qui serait survenu à la CBC, en 2008.

Aucune explication n’a été fournie par le ministère concernant ce changement.

La Couronne fera ses commentaires en cour, mais elle restera muette entre-temps, a précisé le porte-parole du ministère, Brendan Crawley.

Les avocats de Jian Ghomeshi n’ont pas voulu commenter la nouvelle publiquement et Susan Chapman, qui représente la plaignante, a indiqué qu’elle « ne pouvait pas » parler de l’entente.

L’engagement de ne pas troubler l’ordre public, qui est généralement utilisé dans des cas de violence conjugale, est une disposition du Code criminel qui permet aux autorités d’imposer des conditions à un individu, qui promet d’adopter un bon comportement.

Les termes de l’entente concernant Jian Ghomeshi ne sont pas connus.

Le premier procès de l’ancien animateur de « Q » avait pris fin en mars. Il avait finalement été acquitté de tous les chefs d’accusation qui pesaient contre lui. L’ex-animateur avait plaidé non coupable après avoir été accusé d’agressions contre des femmes qui se seraient produites de 2002 à 2003.

En acquittant Jian Ghomeshi, le juge William Horkins avait indiqué qu’il ne pouvait pas croire les plaignantes, qui avaient toutes eu, à un certain point, des rencontres amoureuses avec leur présumé bourreau.

Le cas actuel semblait toutefois différent puisqu’il y avait au moins un témoin et des courriels récents sur le comportement controversé de l’ex-animateur. En novembre 2014, par exemple, l’ancien employé de CBC, Roberto Veri, a dit publiquement qu’il avait été témoin de l’incident lié à l’accusation — à laquelle Jian Ghomeshi avait plaidé non coupable.

Le nom de la plaignante n’a pas pu être dévoilé en raison d’une ordonnance de non-publication. Seules deux des trois plaignantes du premier procès — Lucy DeCoutere et Linda Redgrave — ont accepté d’être nommées.

La direction de la CBC avait congédié sa vedette en octobre 2014, après avoir vu des « preuves graphiques » des blessures infligées à une femme. Jian Ghomeshi avait reconnu s’être adonné à des « relations sexuelles brutales », mais il avait assuré que ses partenaires étaient toujours consentantes.