Afghanistan - Des troupes de Valcartier prennent la relève à Kaboul

Kaboul — La relève des troupes canadiennes en Afghanistan s'est poursuivie hier avec l'arrivée à Kaboul de quelques dizaines de soldats du Royal 22e Régiment, en provenance de Valcartier au Québec.

D'ici quelques jours, 700 soldats du régiment surnommé les «Vandoos» remplaceront 650 membres du Royal Canadian Regiment, dont trois d'entre eux ont été tués pendant leur mission de six mois à Kaboul. En tout, le Canada a envoyé 2100 soldats dans la capitale afghane.

La relève des troupes canadiennes à Kaboul a commencé le mois dernier, mais le mouvement doit s'accélérer cette semaine pour permettre à l'essentiel du contingent sur place de rentrer au pays. La relève affecte tout le monde, du simple soldat jusqu'au général en chef. Le lieutenant-général Rick Hillier ne fera toutefois pas que remplacer le major-général Andrew Leslie, il prendra aussi le commandement de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN lors d'une cérémonie aujourd'hui.

Dès leur arrivée, les nouveaux soldats ont été instruits des mesures de sécurité à prendre et des refuges en cas d'une éventuelle attaque par l'artillerie ennemie. Ils ont ensuite reçu des munitions et ont pu effectuer une brève visite du Camp Julien, leur camp de base.

Inquiétude

La plupart des soldats ne sont pas sans s'inquiéter de leur mission, surtout depuis l'attaque suicide qui a coûté la vie à l'un des leurs, il y a deux semaines. Deux autres soldats ont également été tués dans l'explosion d'une mine sous leur jeep.

«Certainement que nous sommes inquiets et que nous craignons pour nos gens, a déclaré le caporal Cavalier Paradis, nouvellement arrivé à Kaboul. J'avais hâte qu'on arrive enfin pour pouvoir pratiquer ce qu'on a appris pendant notre longue période d'entraînement.»

Le caporal Christian Dugas a hâte pour sa part de voir Kaboul et de rencontrer les Afghans. Mais il n'a pas été facile de rassurer sa famille avant de quitter le Canada, a-t-il ajouté.

Quant aux soldats qui terminent leur mission à Kaboul, les sentiments sont partagés sur l'efficacité de leur mission. Pour le major-général Andrew Leslie, la mission a permis de sauver des milliers de vies parmi la population afghane et, selon lui, les trois soldats canadiens qui sont morts ne sont pas morts pour rien.

«Morts pour qui?, s'est pourtant interrogé le caporal Taylor, de Petawawa, en Ontario. Comment peut-on savoir laquelle de ces vies est la plus précieuse? Je ne sais pas combien de gens ont été sauvés par notre présence, ou même s'il y en a. En tout cas je l'espère», a ajouté le soldat qui n'a pas voulu décliner son identité complète.

Un autre, le caporal Norm Godin, a constaté que depuis son arrivée, les Afghans ont commencé à reconstruire leur domicile et à vivre comme des gens normaux. «Je suis heureux qu'on ait pu faire une différence, de voir que nous ne sommes pas venus pour rien», a-t-il expliqué.