Attawapiskat: la ministre Bennett rencontre des jeunes en colère

Un jeune homme de la Première Nation en crise d’Attawapiskat a demandé à la ministre des Affaires autochtones, lundi, pourquoi sa communauté vivait dans des conditions dignes du tiers-monde pendant que le Canada accueille des réfugiés à bras ouverts.

Robert Sutherland était l’un des nombreux jeunes qui ont exprimé leur frustration à Carolyn Bennett au sujet du manque de soutien qui est si désespérément nécessaire dans sa communauté de la Baie James.

Il lui a demandé pourquoi les Premières Nations vivaient dans des conditions si déplorables alors qu’il semblait si facile au Canada d’offrir une citoyenneté de première classe à des réfugiés. Il se demande quand le Canada va enfin se réveiller et voir ce qui se passe dans les communautés autochtones.

Attawapiskat a été secouée depuis des semaines par les nombreuses tentatives de suicide de ses jeunes. Une session du conseil des jeunes a suivi une rencontre privée de deux heures avec Mme Bennett, le député néodémocrate Charlie Angus et le chef d’Attawapiskat Bruce Shisheesh, qui a aussi exprimé sa frustration sans retenue.

Mme Bennett s’est engagée à créer un nouveau centre pour les jeunes adéquatement équipé, une demande-clé dans cette communauté isolée du nord de l’Ontario. De plus, une délégation de jeunes de la région sera invitée à Ottawa.

M. Angus a qualifié ce geste de « début important » afin de mettre un terme à ce qu’il a appelé « un cycle de désespoir ». « Est-ce suffisant vu l’ampleur de la crise à laquelle fait face Attawapiskat ? Non, ce n’est pas encore assez, mais nous devons commencer avec la première étape », a-t-il dit.

Travailler ensemble

Commentant brièvement après sa rencontre avec le chef, la ministre a aussi relevé des problèmes plus grands comme le manque criant de logements, le désir d’avoir un pavillon de ressourcement ainsi que les problèmes continus des jeunes.

Tous les gouvernements et les ministères doivent travailler ensemble pour fournir « de l’espoir et un plan », a dit Mme Bennett. « Le chef a été très clair : on ne doit plus se satisfaire de pansements ni d’une approche fragmentée. »

M. Shisheesh s’est dit satisfait de ce qui a été accompli. « La rencontre s’est bien déroulée et nous nous en allons quelque part. » Mais la rapidité avec laquelle les changements viendront reste à voir. La promesse d’un centre jeunesse, par exemple, n’était pas accompagnée d’une somme d’argent pour sa construction.

Dans l’intervalle, les jeunes d’Attawapiskat affirment qu’ils sont las d’attendre une reconnaissance de leurs problèmes. Une grande partie du problème, disent-ils — certains avec des larmes — est que les jeunes ont perdu leur sentiment identitaire.

« Si nous pouvons rendre à nos jeunes leur identité, cela leur donnera quelque chose à laquelle s’accrocher, quelque chose qui est à eux, une bonne raison de vivre », a dit M. Sutherland. « On ne demande pas tant que ça. »

4 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 18 avril 2016 18 h 24

    Quand y aura-t-il un ministre du B.S qui les a à cœur?

    Et quand y aura-t-il un ministre des affaires autochtones qui les a vraiment à cœur???

  • Michel Coron - Inscrit 18 avril 2016 23 h 52

    Une voix se fait entendre dans le désert de la toundra

    Un enfant mort sur une plage de Turquie ouvre nos bras afin de recevoir un peuple opprimé. Des jeunes autichtones se suicident de déserpoir devant tant de portes fermées. Que nous ont-ils fait, ces Algonquins qui nous ont au débat de la colonie sauvés maintes fois de maladies mortelles, qui nous ont légué leur savoir faire.
    Et cette voix qui m'émeut, qui devrait nous émouvoir, quand donc l'entendrons
    nous ?

  • Jacques Desjardins - Abonné 19 avril 2016 00 h 34

    Canadiens,soutenons les jeunes d'Attawapiskat!

    Entièrement d'accord pour appuyer et prioriser les jeunes d'Attawapiskat qui réclament d'urgence de l'aide pour enrayer cette série de suicides chez ces jeunes malheureux qui ne demandent pas mieux que d'avoir un travail motivant qui leur permettra de vivre dans des conditions décentes, qui leur permettra de rêver à un avenir meilleur pour leurs familles.
    Autant les canadiens ont appuyé l'acceptation de milliers de réfugiés sans abris, autant las canadiens devraient se lever pour réclamer des maisons et des conditions décentes pour ces jeunes autochtones dont les ancètres ont été à l'origine de notre pays.
    Il est impératif pour le gouvernement de faire d'urgence des actions concrètes pour assurer du travail à ces jeunes en détresse , pour leur donner accès à du personnel qualifié qui leur permettra d'améliorer leur sort et pour planifier des loisirs biens adaptés.
    Autant le gouvernement a réagit avec émotion et efficacité devant les réfugiés sans abris, autant notre gouvernement doit réagir avec célérité, vigueur et émotion devant nos jeunes compatriotes en détresse!

  • Yolande Gingras - Abonné 19 avril 2016 15 h 03

    Attawapiskat

    Le traitement de la nation indienne, «indiens » à l’époque de mon éducation, terme qui était clairement péjoratif lors de mon éducation car j’ai maintenant 72 ans, m’a toujours gênée. Aujourd’hui et depuis que je peux analyser les politiques, leur situation me scandalise. Je trouve épouvantable leurs conditions de vie. Comment un pays aussi riche que le nôtre, qui se gargarise de son caractère démocratique et de sa générosité envers les populations défavorisées de la planète, peut en même temps être aussi avare et lâche, en maintenant des préjugés détestables et d’un autre âge envers ses peuples autochtones. Ceux-ci devraient siéger au parlement au même titre que les autres canadiens et participer aux prises de décisions regardant notre nation. S’il vous plaît, soyons dans nos actions les concernant aussi entreprenant et créatif que nous le sommes dans d’autres domaines et donnons leurs les budgets nécessaires jusqu’à ce qu’ils leur soient possible de générer des revenus. Sur la glace il n’y a pas grand-chose qui pousse!!
    Ils ont raisons, trouvons les solutions. Que leurs enfants aient autant que nos propres enfants. Yolande Gingras, abonnée
    Yolande Gingras, abonnée