Des travailleurs québécois réclament 15 $ l’heure

Cette campagne de revendications prend de l’ampleur au Canada et a connu des succès politiques aux États-Unis.
Photo: Vincent Larin Le Devoir Cette campagne de revendications prend de l’ampleur au Canada et a connu des succès politiques aux États-Unis.

Après les États-Unis, où des centaines de milliers de travailleurs ont défilé jeudi à New York, Chicago et Los Angeles, entre autres, pour l’augmentation du salaire minimum à 15 $ l’heure, c’était au tour d’organisations communautaires et syndicales québécoises de demander, vendredi, une telle mesure.

À l’occasion de la journée pancanadienne d’action pour un salaire minimum à 15 $ l’heure, ces organisations tenaient des activités à l’échelle de la province pour faire valoir leurs revendications.

À Montréal, plusieurs organisations communautaires et syndicales s’étaient donné rendez-vous pour tenir un rassemblement, suivi d’une marche dans le quartier La Petite-Patrie. Des travailleurs d’une cinquantaine de résidences privées pour personnes âgées ont également manifesté dans différentes villes du Québec.

Les syndiqués sont appelés à s’exprimer ces jours-ci sur une escalade des moyens de pression qui pourrait déboucher sur une grève au mois de mai.

Maintenir l’équilibre

Au Québec, le salaire minimum est révisé tous les ans par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, qui décide par la suite s’il doit être modifié. Cette année, il sera ainsi haussé de 20 cents à compter du 1er mai pour passer de 10,55 $ à 10,75 $ l’heure.

Questionné sur la faisabilité d’établir le salaire minimum à 15 $ l’heure, l’attaché de presse de la ministre responsable du Travail, Florent Tanlet, insiste sur l’importance de maintenir l’équilibre entre le salaire des employés et la capacité des entreprises à payer ces salaires. « Il ne faudrait pas, dans une volonté d’augmenter le salaire minimum, créer davantage de chômage », explique-t-il. Selon lui, des employés pourraient voir leur nombre d’heures de travail réduit ou même perdre leur emploi si le salaire minimum est augmenté et que les entreprises ne sont plus en mesure de les rémunérer.

Pour la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN), Dominique Daigneault, il s’agit plutôt d’aider les travailleurs les plus pauvres de la société. « La vraie question, c’est : est-ce que c’est réaliste de continuer à vivre avec un salaire aussi bas ? Ça met des gens dans des situations insoutenables. Il y a des personnes qui travaillent à temps plein au salaire minimum et qui sont encore sous le seuil de la pauvreté », explique-t-elle.

Présentement, au Québec, 207 000 travailleurs gagnent le salaire minimum, soit 10,55 $ l’heure, selon les chiffres du MTESS.

Au Canada, des rassemblements se sont tenus d’un bout à l’autre du pays, vendredi, pour faire fléchir les gouvernements et les grandes entreprises.

1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 16 avril 2016 21 h 51

    J'ajouterais...

    ...que, dans une époque où, avec le vieillisement de la population, le problème n'est pas de créer des emplois, mais d'attirer des personnes sur le marché du travail pour occuper ceux qui sont disponibles, une hausse significative du salaire minimum aurait fort probablement plus d'effets positifs que négatifs sur l'emploi.


    Et comme une telle hausse aurait sans conterdit de fort effets positifs dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté, il vaut certainement la peine de la considérer... et de l'adopter!