Les quatre avocats de Rizzuto ont obtenu un délai d'un mois

Vito Rizzuto s'est adjoint quatre avocats afin de contester la validité constitutionnelle de son extradition vers les États-Unis, où il fait face à trois accusations de meurtres commis au profit d'un gang, la redoutable famille Bonanno.

Le présumé parrain de la mafia italienne à Montréal a brièvement comparu de nouveau en Cour supérieure hier matin. Ses avocats, Loris Cavalière, Louis Belleau, Pierre Morneau et Jean-R. Salois, ont demandé au juge un délai d'un mois afin de préparer leur cause.

Ces réputés criminalistes ont l'intention d'attaquer la validité de la procédure d'extradition en raison du délai de 22 ans qui s'est écoulé entre la perpétration des crimes reprochés à Vito Rizzuto et sa mise en accusation, le 20 janvier dernier à New York. Les avocats se demandent s'il n'existerait pas un délai de prescription qui permettrait de soustraire leur client à la demande d'extradition de la justice américaine.

La défense compte par ailleurs exiger la remise en liberté provisoire de M. Rizzuto. Bien qu'il soit considéré par les autorités américaines comme le «membre le plus influent de la famille Bonanno au Canada», M. Rizzuto ne revendique que des condamnations mineures. Domicilié à Montréal depuis sa jeunesse, il n'a pas résisté à son arrestation.

Le tribunal a donné jusqu'au 5 mars à la défense afin qu'elle puisse préparer sa cause.

Vito Rizzuto, 57 ans, est accusé du triple meurtre de trois capitaines déloyaux de la famille Bonanno, survenu le 5 mai 1981. Les trois hommes, Alphonso Indelicato, Philip Giaccone et Dominik Trinchera, avaient été amenés dans un restaurant de Brooklyn sous un faux prétexte, où ils s'étaient fait cribler de balles. Un délateur a indiqué que Rizzuto avait personnellement appuyé sur la détente. Salvatore Vitale a non seulement été un témoin direct de la tuerie, il y a participé.

Vito Rizzuto a été arrêté en même temps que 27 membres et associés de la famille Bonanno à New York. Dix-huit personnes, y compris Rizzuto, sont accusées de 15 meurtres ou tentatives de meurtre. Des accusations de gangstérisme, complot pour meurtre, extorsion, jeu illégal et prêt usuraire ont également été portées contre des membres présumés du clan Bonanno.