Drogue: 19 soldats ne seront pas du voyage à Kaboul

Québec — La direction du troisième bataillon du Royal 22e Régiment a partiellement rendu publics hier les résultats des tests de dépistage auxquels ont dû se soumettre une trentaine de militaires de la base de Valcartier. Des 29 échantillons d'urine prélevés lundi, pas moins de 19 ont révélé la présence de substances illicites.

Parmi les 19 militaires ayant échoué au test de dépistage, 17 devaient se rendre prochainement à Kaboul. Il n'a pas été possible de connaître le type de drogue retrouvé dans les échantillons prélevés.

La direction du Royal 22e Régiment est également demeurée muette quant à la quantité de drogue décelée. Selon le capitaine Mario Couture, officier des affaires publiques du cinquième groupe-brigade mécanisé du Canada, les militaires qui ont échoué au test s'exposent à des mesures administratives ou disciplinaires pouvant aller jusqu'au congédiement des Forces canadiennes.

Ce qui est sûr, c'est qu'ils ne participeront pas à la mission Athena, en Afghanistan. «L'enquête n'est pas terminée», a indiqué hier le capitaine Couture, précisant que l'enquête était menée par la police militaire.

«Il faut savoir qu'un militaire qui a échoué à un test de dépistage n'est pas automatiquement expulsé de l'armée, ça prend des facteurs aggravants. Est-ce que, par exemple, le militaire est plus qu'un simple consommateur? A-t-il des problèmes de consommation? Consomme-t-il des drogues dures? Y a-t-il des risques de rechute? C'est tout ça que les enquêteurs vont tenter de savoir. On pourrait très bien décider de réhabiliter les militaires qui sont réhabilitables.»

À cet effet, un autre porte-parole des Forces armées canadiennes, le major Christian Lemay, a souligné qu'il était moins coûteux de réhabiliter un militaire déjà entraîné que de l'expulser et d'en former un autre à sa place. Il semble par ailleurs qu'il soit trop tôt pour déterminer si des accusations seront portées contre les militaires fautifs.

«Ça va dépendre de ce que va révéler l'enquête, a fait savoir le capitaine Couture.

La consommation de drogues chez certains militaires pourrait-elle avoir un lien avec le stress du départ pour Kaboul? S'agit-il d'une tactique pour ne pas partir? «Seule l'enquête pourra nous le dire», a répété le capitaine Couture.