Les funérailles de la famille Lapierre auront lieu vendredi aux îles de la Madeleine

<p>La famille a opté pour des funérailles communes dans l’église patrimoniale du village de Bassin, où était né le chroniqueur politique Jean Lapierre.</p>
Photo: Jacque Nadeau Archives Le Devoir

La famille a opté pour des funérailles communes dans l’église patrimoniale du village de Bassin, où était né le chroniqueur politique Jean Lapierre.

Cap-aux-Meules — Les funérailles des membres de la famille Lapierre auront lieu le vendredi 8 avril à l’église Saint-François-Xavier sur l’île du Havre Aubert.

La famille a opté pour des funérailles communes dans l’église patrimoniale du village de Bassin, où était né le chroniqueur politique Jean Lapierre.

Celui-ci, ainsi que sa conjointe, Nicole Beaulieu, sa soeur Martine et ses frères Marc et Louis, qui ont tous péri dans l’écrasement de leur avion, mardi, aux îles de la Madeleine, seront inhumés en même temps que leur père, Raymond Lapierre, dont le décès récent était à l’origine de leur déplacement.

L’abbé Réjean Coulombe, qui est auprès de la mère de Jean Lapierre et de Laure, sa seule soeur survivante, sera du nombre des célébrants. Les médias ne pourront pas assister à la cérémonie, conformément à la demande des familles.

L’église de Bassin, érigée entre 1936 et 1939, est classée immeuble patrimonial par le gouvernement du Québec. Il s’agit d’une élégante construction de bois ornée de deux grandes tours carrées à la façade.

La veille, le public pourra se rendre à la Maison funéraire Leblanc, à Cap-aux-Meules, pour transmettre ses condoléances à la famille.

Par ailleurs, une cérémonie commémorative aura lieu à Montréal en l’honneur de Jean Lapierre et de Nicole Beaulieu, le samedi 16 avril, à l’église Saint-Viateur d’Outremont. La famille des défunts recevra les condoléances du public le 15 avril, au Complexe funéraire Mont-Royal, dans l’arrondissement Outremont.

Les corps des deux membres de l’équipage de l’avion, Pascal Gosselin et Fabrice Labourel, devaient pour leur part être rapatriés à Montréal vendredi. Ils feront l’objet d’une autopsie au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, une procédure habituelle dans de telles circonstances qui vise à s’assurer que l’accident n’a pas été causé par un problème de santé soudain ou autre.

Le BST n’a que peu de réponses

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) ont davantage de questions que de réponses alors que s’amorce à peine leur enquête sur l’écrasement d’avion survenu mardi dernier aux îles de la Madeleine.

En conférence de presse, vendredi matin, l’enquêteur André Turenne a précisé que les ailes de l’avion étaient presque à l’horizontale au moment de l’impact et que les moteurs fonctionnaient.

« On sait qu’il n’était pas sur un taux de descente important, a-t-il dit. Il était sur un vol assez horizontal et il y avait unpeu de roulis à gauche, mais on veut justement prendre ces données qu’on a cumulées sur le terrain pour déterminer de façon exacte l’angle d’impact. »

Les données préliminaires font état d’une visibilité de 400 mètres, d’un plafond à 61 mètres et de rafales atteignant 56 kilomètres à l’heure. L’autorisation d’atterrir est venue de la tour de contrôle de Moncton, au Nouveau-Brunswick, l’aéroport des Îles ne disposant pas de sa propre tour de contrôle, une situation sur laquelle le BST promet de se pencher.

« Si les installations et les services au vol étaient […] un enjeu dans cet événement-là, on doit le mettre dans tout le contexte des facteurs qui ont pu contribuer à l’accident, et si ça mène dans cette direction-là, le BST va faire les recommandations nécessaires », a affirmé M. Turenne.

Les enquêteurs savent qu’un dispositif de suivi GPS avec une capacité d’enregistrement des voix se trouve à bord de l’aéronef, mais celui-ci est situé derrière le tableau d’instruments.

« Le dommage dans le tableau d’instruments ne nous permet pas d’avoir un accès sécuritaire pour éviter d’endommager le GPS », a dit l’enquêteur, faisant part de ses craintes quant à l’état dans lequel ce GPS pourrait se trouver. « On ne peut pas garantir que toutes les données vont être disponibles sur cet équipement. Ce n’est pas un équipement qui est capable de prendre des impacts d’accident. »

Sur le terrain, pendant ce temps, l’examen du site de l’accident et la prise de photographies sont presque terminés. Les enquêteurs pourraient mener des entrevues supplémentaires auprès de certains témoins oculaires si elles s’avèrent nécessaires.

Un camion est attendu sur les lieux de l’écrasement vendredi afin d’entreprendre le transport vers Ottawa des restes de l’avion. Les éléments de fuselage seront découpés et placés dans des conteneurs fermés pour une reconstitution et une analyse en laboratoire, mais pas avant d’avoir pu documenter l’état du dessous de l’avion.

« Une fois que l’appareil est soulevé, on est capables de voir où il y a le plus d’impact […]soit l’impact initial et, après, les dommages lorsque l’appareil glissait », a expliqué M. Turenne.

Cependant, la récupération de l’épave doit être réalisée avec prudence afin d’éviter tout déversement de carburant, et Environnement Québec est sur place en soutien à cette opération. M. Turenne a dit s’attendre à ce que l’opération de récupération prenne environ deux jours, selon les conditions météorologiques sur place.

L’une des questions auxquelles les enquêteurs espèrent répondre grâce aux analyses en laboratoire est de savoir si l’appareil avait été aux prises avec des problèmes de givre avant l’écrasement.

M. Turenne a par ailleurs souligné que ce type d’avion, un Mitsubishi MU-2, a un historique d’accidents et que cette situation sera du nombre des éléments analysés par son équipe.

« Le MU-2 a un historiqued’appareil non sécuritaire. Mitsubishi a mis en place un système de reclassification et une formation spécifique [pour les pilotes]. Ce sont des recommandations qu’il y a eu [à la suite] d’un nombre important d’accidents », a indiqué M. Turenne, tout en précisant que le pilote avait eu la formation nécessaire il y a un an et qu’il devait y avoir une remise à niveau ce week-end.