cache information close 

Le Tribunal souhaite entendre le médecin de Bernard Trépanier

Bernard Trépanier (à gauche) et son avocat, Daniel Rock, avant la comparution du premier à la Commission Charbonneau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Bernard Trépanier (à gauche) et son avocat, Daniel Rock, avant la comparution du premier à la Commission Charbonneau

L’incertitude entourant l’état de santé de Bernard Trépanier, l’un des coaccusés dans l’affaire du Faubourg Contrecoeur, et les doutes quant à sa capacité d’assister à son procès ont incité le juge Yvan Poulin à demander que son médecin soit entendu par le tribunal la semaine prochaine.

Comme la veille, l’ancien collecteur de fonds d’Union Montréal n’était pas présent, jeudi, au palais de justice, en raison de son état de santé. Atteint d’un cancer, M. Trépanier, 78 ans, vient d’entreprendre des traitements de chimiothérapie qui affectent sa condition et l’empêchent d’être au tribunal, a indiqué son avocat, Me Daniel Rock.

La semaine dernière, les avocats de la Couronne s’étaient entretenus par téléphone avec l’un des médecins traitants de M. Trépanier. Le médecin avait indiqué que, s’il réagissait bien aux traitements, l’accusé serait en mesure d’assister à son procès. Me Rock affirme avoir obtenu des informations différentes des médecins. De plus, dit-il, les traitements affectent M. Trépanier à tel point qu’il est difficile de prévoir s’il pourra assister à son procès au cours des prochaines semaines. M. Trépanier a d’ailleurs demandé la tenue d’un procès distinct.

Compte tenu de ces informations contradictoires et des absences répétées de M. Trépanier qui retardent le procès, le juge Poulin a demandé à Me Rock d’assigner l’un des médecins à témoigner mercredi prochain, afin que le tribunal ait l’heure juste sur l’état de l’accusé. Le procès a été ajourné jusqu’à cette date.

Un procès qui s’étire

Cette situation crée des tensions entre les avocats. « Je ne sais pas si le ministère public a peur d’un miracle ou si la défense a peur de donner de l’information qui n’est pas appropriée, mais une chose est sûre, c’est que ça fait un minimum de trois semaines que nous attendons de voir si nous sommes en mesure de procéder », a indiqué Me Pierre Morneau, qui représente l’un des sept coaccusés, André Fortin, ex-dirigeant de Construction F. Catania.

Le procès, qui a débuté le 8 février dernier, traîne en longueur. Aucun témoin n’a été entendu jusqu’à maintenant et les trois mois d’audience prévus ne suffiront pas. Les parties tentent d’ailleurs de s’entendre sur d’autres dates, en mai ou en juin, faute de quoi le procès pourrait être repoussé à l’automne.

Au cours des dernières semaines, plusieurs requêtes ont été débattues. Jeudi, l’avocate de Frank Zampino a fait savoir que son client renonçait à celle qu’elle comptait présenter pour exclure de la preuve certains éléments obtenus par la police pour exécuter des mandats de perquisition. Elle a indiqué que son client était préoccupé par les délais et souhaitait que le procès aille de l’avant « le plus rapidement possible ».

Ainsi, il ne restera à entendre par le tribunal que les trois requêtes en arrêt de procédures déposées par la défense, en plus de la requête de Bernard Trépanier demandant un procès séparé.

Rappelons que les sept accusés dans cette affaire font face des accusations de fraude, de complot et d’abus de confiance en rapport avec la vente d’un terrain de la Ville de Montréal à Construction F. Catania pour la réalisation du projet immobilier du Faubourg Contrecoeur. L’entreprise avait versé 4,4 millions, alors que, selon l’évaluation municipale, la valeur du terrain atteignait 31 millions.

Les parties seront de retour en cour mercredi prochain.