Un comité pour rétablir la paix à Kanesatake

Québec — Un comité de liaison, qui se réunira au début de la semaine prochaine, décidera des modalités de rétablissement de la paix et de l'ordre à Kanesatake, a indiqué hier le chef mohawk de la communauté, James Gabriel.

À l'issue d'une rencontre de deux heures entre le chef Gabriel et le premier ministre Jean Charest, il a été convenu que ce comité conviendra d'un plan pour remettre l'ordre dans cette communauté qui a été déchirée le 12 janvier par un violent affrontement.

Ce comité comprendra, outre le conseil de bande mohawk de Kanesatake, des représentants de la Commission de police du Québec et des émissaires des gouvernements de Québec et d'Ottawa.

«On veut rétablir la paix et la sécurité à Kanesatake», a dit le chef Gabriel. Il a toutefois convenu qu'il faudra «agir graduellement et avec prudence» pour rétablir l'ordre.

Le plan statuera notamment sur la façon de rétablir un corps policier efficace à Kanesatake, notamment parce que le mandat des peacekeepers de Kahnawake, qui assurent l'ordre pour le moment, prendra fin le 14 février.

La situation n'est pas encore suffisamment stable pour que le chef Gabriel revienne lui-même au sein de sa communauté pour le moment.

«J'y retournerai quand je sentirai que la situation est suffisamment stable», a-t-il dit. Sa résidence de Kanesatake et ses biens personnels ont été détruits lors d'un incendie allumé par des malfaiteurs à la mi-janvier.

M. Gabriel a expliqué que l'enquête se poursuit au sujet de cet incendie et que les coupables auront à répondre de leurs actes devant la justice.

Le chef Gabriel a noté que les liens de communication avec le gouvernement québécois ont été rétablis et s'est félicité de la nomination d'un interlocuteur gouvernemental spécial dans le dossier, Jean Bazin.

Selon le chef Gabriel, il est trop tôt en ce moment pour déterminer si une aide financière devra être débloquée pour aider à la reconstitution d'un corps policier régulier à Kanesatake.

Le ministre des Affaires autochtones du Québec, Benoît Pelletier, a invoqué la prudence nécessaire pour ne pas donner de détails sur la nature des gestes qui seront faits à la suite de la réunion du comité de liaison, la semaine prochaine.

«C'est une situation qui doit être réglée par les gens de Kanesatake et par M. Gabriel. Le gouvernement québécois n'est qu'en appui», a dit le ministre Pelletier.

«Une chose est claire: les autochtones veulent reprendre en main le contrôle de la situation», a conclu le ministre Pelletier.

Le premier ministre Jean Charest n'a pas voulu rencontrer la presse à la suite de sa rencontre avec le chef Gabriel.