Murdochville, d'abord abandonnée et maintenant contaminée

Québec — Le gouvernement, qui a insisté pour garder Murdochville ouverte, se retrouve maintenant avec un sérieux problème de santé publique sur les bras: le sol de l'ancienne ville minière est entièrement contaminé.

C'est la conclusion à laquelle conduit une étude menée par la firme SCP Environnement et commandée par le Conseil de développement économique de Murdochville. Le maire de Murdochville et président du conseil, Marc Minville, accompagné de quelques citoyens de la ville et de deux experts, est venu présenter l'étude aux trois ministres directement concernés: la ministre déléguée au Développement régional et au Tourisme, Nathalie Normandeau, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, et le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair.

«Il y a vraiment un risque pour la santé», a soutenu M. Minville au cours d'une conférence de presse. Le maire demande au gouvernement et à la société Noranda, l'exploitant de la mine de cuivre qui a été fermée en mars 2002, de décontaminer la ville. Même s'il a déjà été un partisan de la fermeture de la ville après un référendum tenu en août 2002 lors duquel 65 % des citoyens avaient voté en faveur de la fermeture, M. Minville souligne qu'il travaille maintenant pour que la ville reste ouverte. Cette étude sur la contamination des sols de Murdochville ne fait donc pas partie d'une stratégie visant à entraîner sa fermeture. «Nous avons le droit de vivre dans un environnement sain», a dit M. Minville. Murdochville compte 600 habitants à l'heure actuelle. En 1974, elle en comptait 5000.

Pour les fins de l'étude, qui a coûté 22 500 $, SCP Environnement a fait 70 sondages sur 20 propriétés résidentielles dans tous les secteurs de la ville. Sur 19 des 20 propriétés, des concentrations supérieures aux normes environnementales pour des propriétés résidentielles ont été constatées pour l'arsenic, le cuivre, le molybdène, le plomb, le sélénium et le zinc. Dans certains cas, des concentrations supérieures aux normes pour des terrains industriels ont également été notées. Qui plus est, sur cinq propriétés, les concentrations étaient tellement élevées qu'elles commandaient l'enlèvement des sols et une décontamination par procédés industriels. Fait à souligner: tous les sols sondés ont fait l'objet d'une décontamination pour le plomb par Noranda au début des années 90, a signalé Daniel Perreault, de SCP Environnement.

En principe, c'est au pollueur — Noranda — de payer pour la décontamination de la ville, a rappelé M. Minville. Noranda doit rendre publiques d'ici quelques semaines ses propres études sur la question, a mentionné le maire.