La manifestation contre la brutalité policière se déroule à Montréal

La manifestation contre la brutalité policière rassemble chaque année des centaines de personnes, sous la surveillance étroite des forces de l'ordre.
Photo: Annick MH de Carufel Le Devoir La manifestation contre la brutalité policière rassemble chaque année des centaines de personnes, sous la surveillance étroite des forces de l'ordre.
La traditionnelle manifestation du 15 mars, organisée par le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP), a débuté dans le calme mardi soir au parc La Fontaine.

Le COBP a fait les choses différemment cette année en invitant les manifestants à se rassembler dès 17 h au parc La Fontaine pour un « barbecue ». Il invitait de cette façon les citoyens à venir constater la manière avec laquelle les policiers traitent les manifestants.

Le rassemblement s'est déroulé sous un ciel gris et sous le regard attentif de policiers à pied, à vélo ou en voiture qui surveillait la scène.

Les manifestants ont reçu de la nourriture, des bouteilles d'eau et de quoi apaiser leurs yeux, s'ils devaient éventuellement se faire asperger de poivre de cayenne.

La foule était semblable à celle des années précédentes, essentiellement composée de jeunes adultes et de manifestants bien connus. Les traditionnels discours évoquant les raisons de la lutte contre la brutalité policière ont notamment fait référence au cas Fredy Villanueva.

« Pourquoi formons-nous des policiers à tuer ? », s'est indigné un manifestant à son tour au micro. « Notre lutte est légitime », a lancé une autre.

Parmi la foule, un père a tenu à assister à l'événement avec sa femme et sa jeune fille. « Je trouve ça injuste que la police puisse agir en toute impunité », explique l'homme, qui ne veut pas être identifié.

« J'essaie de ne pas cacher certaines choses à ma fille, ajoute-t-il. Quand ils font quelque chose de mal, on dit à nos enfants de s'excuser et de ne pas recommencer. Les policiers, eux, font du mal, mais ne n'excuse pas et recommencent. »

À ses côtés, la femme qui l'accompagne — qui désire elle aussi demeurer anonyme — en veut aux médias qui couvrent chaque année la manifestation contre la brutalité policière en faisant état du nombre d'arrestations qui ont eu lieu. « Ce qu'on ne dit pas, c'est que ces gens-là finissent par être acquittés ! », déplore-t-elle.

Avant de prendre la rue, les manifestants ont hissé une piñata à l'effigie d'un policier du SPVM. Un enfant a eu l'honneur d'asséner les premiers coups de bâton, avant que d'autres manifestants s'y mettent.

Au moment d'écrire ces lignes, les manifestants circulaient toujours dans le calme au centre-ville, sous haute présence policière.