Le COBP invite la société civile à être témoin des pratiques discriminatoires de la police

La manifestation annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) se tient ce mardi à 20 h au parc La Fontaine. L’événement sera précédé à 17h par un grand barbecue ouvert à tous. « Que les gens viennent se faire une idée par eux-mêmes de ce qui se passe à cette manifestation plutôt que de prendre seulement l’avis de la police », affirment des membres du COBP.

Le site Internet du groupe en appelle en particulier à la présence d’« un contingent des personnes autochtones, noires et/ou racisées », leur enjoignant de participer à la manifestation contre la brutalité policière ce mardi soir. Le profilage n’en demeure pas moins une question d’intérêt général, explique Julien Villeneuve. Le COBP estime que le profilage pour des motifs politique, racial, sexuel ou autre se poursuit au sein de la police.

Pour le politologue Francis Dupuis-Déri, présent à la conférence de presse lundi, il est étonnant que cette manifestation fasse l’objet d’un encadrement de plus en plus démesuré par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). « Il y a, ces dernières années, plus de policiers que de manifestants ! »

En l’an 2000, la manifestation attirait 110 policiers. En 2013, ils étaient plutôt 669, selon le COBP. « La cavalerie et l’hélicoptère sont désormais toujours là. […] Est-ce qu’on a besoin de punir 300 personnes parce qu’une vitre est cassée ? » À se demander, disent certains de ces militants, si la manifestation n’est pas devenue un exercice de défoulement pour la police.

Fournir un itinéraire

La manifestation a été déclarée illégale ces dernières années au motif que l’itinéraire n’avait pas été donné à l’avance. « Le collectif a recensé une soixantaine de manifestations qui n’ont pas été interdites et qui ne fournissent pas non plus d’itinéraire. L’an passé, une autre manifestation contre la brutalité policière organisée en même temps n’a pas vu un seul policier avant un long moment ! » Pour le COBP, devoir donner un itinéraire à l’avance constitue un recul des droits, d’autant plus que cela apparaît ne s’appliquer qu’à certains citoyens.

« On pratique des arrestations de masse pour des motifs politiques, mais on oublie de dire que ces arrestations tombent ou sont suspendues dans la grande majorité des cas, explique Émilie E. Joly, juriste et organisatrice communautaire. C’est donc comme si la police arrêtait du monde tout en sachant qu’il ne pourrait pas y avoir de suite. »

Lundi, le SPVM n’a pas voulu répondre aux questions du Devoir au sujet de ses pratiques à l’occasion de cet événement.

1 commentaire
  • Julien Villeneuve - Inscrit 15 mars 2016 01 h 39

    Rectificatif

    Je ne fais aucunement partie de l'organisation de la manifestation du COBP, j'y participe comme tout le monde, ou enfin comme peu de monde.

    Je suis par ailleurs membre du Comité permanent de soutien aux manifestant-e-s, l'organisme qui a chapeauté cet appel à la société civile. Plus d'information sur le CPSM et cet appel est disponible sur le site web du CPSM (manif.co).

    Cordialement,

    Julien Villeneuve