Appel à tuer les assaillants armés de couteaux

Jérusalem — Le Grand Rabbin séfarade d’Israël a estimé que les assaillants armés de couteaux devaient être tués et ceux désarmés arrêtés, dans une nouvelle pique au chef de l’armée sous le feu de vives critiques pour avoir appelé ses hommes à la retenue.

« Si un terroriste s’approche de quelqu’un armé d’un couteau, c’est un devoir [religieux] de le tuer », a lancé samedi lors de son sermon télévisé le rabbin Yitzhak Yosef, l’une des deux plus hautes autorités religieuses du pays.

« N’ayez pas peur des tribunaux, ou si un chef d’état-major dit le contraire, a-t-il martelé. Celui qui vient te tuer, tue-le en premier, ça les dissuade aussi », a-t-il poursuivi, citant une exégèse rabbinique.

Ces déclarations interviennent sur fond d’attaques quasi quotidiennes menées par des Palestiniens isolés, le plus souvent armé de couteaux et généralement abattus sur-le-champ, et alors que des défenseurs des droits de l’Homme accusent les forces de l’ordre israéliennes d’avoir la gâchette trop facile.

Dans ce contexte, pour avoir prôné un usage proportionnel de la force par les soldats, le chef d’état-major Gadi Eisenkot avait suscité un débat passionné. « Je ne veux pas, quand une fille de 13 ans a une paire de ciseaux ou un couteau dans la main et qu’elle se tient à distance de soldats, qu’un de ces soldats vide son chargeur sur elle », avait-il dit.

Les durs du gouvernement très à droite du premier ministre Benjamin Nétanyahou avaient répliqué que ces mots risquaient d’instiller l’hésitation chez les soldats et donnaient raison à ceux qui accusent les Israéliens de recours disproportionné à la force.