Thériault a sa part de responsabilité, dénonce le PQ

Les conditions de détention de la prison Leclerc ont fait réagir la députée péquiste Carole Poirier.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les conditions de détention de la prison Leclerc ont fait réagir la députée péquiste Carole Poirier.

Comment Lise Thériault, responsable de la Condition féminine, mais aussi vice-première ministre, a-t-elle pu décider de fermer la prison Tanguay en sachant les difficultés que rencontreraient les prisonnières ? La députée Carole Poirier, responsable pour le Parti québécois des questions relatives à la condition féminine, se pose la question et critique sévèrement « le silence » de la ministre Thériault dans ce dossier.

« C’est assez incompréhensible ! La décision de transférer les femmes de la prison Tanguay à Leclerc a été prise par l’ancienne ministre de la Sécurité publique, Mme Lise Thériault. Et c’est elle qui est désormais responsable de la Condition féminine ! Elle pourrait au moins réagir à ce qui a été fait ! Elle a mis de la poudre à canon dans une situation déjà délicate. »

À la suite du récit des conditions de détention publié dans Le Devoir jeudi, la députée d’Hochelaga-Maisonneuve se dit très inquiète des conditions dans lesquelles vivent les femmes derrière les barreaux. « La ministre a dit récemment que, pour elle, le féminisme, c’était plutôt “Let’s go ! Vas-y !”. Elle doit se rendre compte, explique Carole Poirier, que cette vision individualiste n’est pas à même d’aider toutes les femmes. »

La décision de fermer la prison Tanguay pour déménager ses pensionnaires dans une vieille prison conçue pour les hommes a été prise l’an passé sous l’autorité de la ministre Thériault. « C’est elle qui a décidé de fermer Tanguay. Elle savait très bien qu’elle envoyait ces femmes dans une situation pire encore. On le voit bien, ce que c’est que le féminisme “à sa manière”. S’il faut juger aux actions, comme Lise Thériault le dit, alors qu’elle agisse ! »

Pour l’instant, elle se dit « très inquiète des conditions faites aux femmes ». Ces conditions, comme celles de plusieurs femmes parmi les plus démunies de notre société, lui apparaissent de plus en plus inadmissibles.

« C’est un autre exemple de l’austérité qui touche en particulier les femmes. » Pour Carole Poirier, il ne fait nul doute que « les coupes du gouvernement libéral font plus mal aux femmes parce qu’elles sont déjà plus pauvres. On fragilise la situation des femmes davantage. »

Plus d’humanité

Martine Flamand, coordonnatrice du programme Mère-Enfant en prison, a pu constater au cours des derniers jours la situation préoccupante des prisonnières transférées fin février à l’Institut Leclerc. Elle confirme que la situation très difficile décrite par Le Devoir jeudi est vécue difficilement par les pensionnaires.

Elle ajoute que « le personnel vit ce que les femmes vivent ». La situation demeure pour l’instant pénible. « C’est l’enfer pour tout le monde. C’est dur. Quand on dit que les femmes n’ont pas de bobettes ! »

Pour elle, il est clair que « ce n’est pas assez humain. Il n’y a pas d’aide. C’est comme des animaux mis en cage. Je ne comprends pas où on veut en arriver avec ça. Il faut des services et plus d’humanité. On ne leur donne rien. On les voit juste comme des prisonnières. »

Le ministère de la Sécurité publique n’a pas apporté de précision à la suite de l’article publié jeudi.

6 commentaires
  • Daniel Legault - Abonné 11 mars 2016 06 h 01

    Cette situation était elle prévisible?

    Généralement les gens qui sont en prison ne sont pas la crème de la société et ce sont des gens qui ont des problèmes.

    Mélanger des hommes qui ont de gros problèmes et des femmes qui ont de gros problèmes ensemble dans une prison n'est pas l'idée du siècle.

    Cela démontre que ce que le gouvernement Couillard fait c'est de l'autéristé à la troconneuse et non de la gestion rigoureuse.

    On coupe et quand on constate qu'il y a de gros problèmes parfois si la pression populaire est très grande on essaie de réparer les pots cassés.

    • Louis Fallu - Abonné 11 mars 2016 09 h 41

      Vous avez tout à fait raison .

  • Patrick Daganaud - Abonné 11 mars 2016 09 h 02

    Indignes libéraux

    Comment Thériault, responsable de la Condition féminine, vice-première ministre, a-t-elle pu décider de fermer la prison Tanguay en sachant les difficultés que rencontreraient les prisonnières ?

    Parce qu'elle n'a que faire de la préservation de leur dignité humaine.

    La dignité humaine, les libéraux, connaissent pas!

  • Nicole Delisle - Abonné 11 mars 2016 11 h 33

    Au nom de l'austérité!

    Le gouvernement devrait cesser de nous convaincre de l'utilité de l'austérité pour dire
    "les vraies affaires". C'est un démantèlement en règle du Québec moderne pour revenir aux années de la grande noirceur! Mme Thériault avec son " Go, vas-y!" de
    non-féministe déclarée, reçoit les suggestions et ordres de plus haut qu'elle dans la hiérarchie politique. Le haut de la pyramide est menée par des hommes qui n'en ont
    rien à foutre de soumettre ou suggérer de telles décisions à exécuter par une femme.
    Tout ce qui compte, c'est de récupérer de l'argent, sans égard au bien commun. Ils
    vivent dans leur bulle, hors de la réalité que vivent les gens ordinaires. Aucune compréhension minimale des réalités quotidiennes de la population ne leur effleure
    l'esprit! Il ne faut donc pas se surprendre de l'incongruité de cette décision, pour ne pas dire absurdité, sans parler des risques à haute tension qu'ils font subir au milieu
    carcéral. Quand les conflits à venir, les risques de dérapages ou les guerres intestines
    surviendront, ils trouveront les moyens de mettre le blâme sur les intervenants du milieu plutôt que d'assumer les conséquences de leur stupide décision. Leur incompétence flagrante (principe de Peter) les mènera à leur perte politique et à leur
    réputation personnelle. L'histoire les jugera comme de véritables "incapables".

  • Jean-François - Abonné 11 mars 2016 12 h 28

    Pour commencer….

    Posons-nous la question suivante: Lise Thériault est-elle capable de faire quelque chose de correct?

    L'histoire récente semble démontrer que non.

    Le pire c'est qu'elle sera surement réélue la prochaine foi; allez comprendre...

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 11 mars 2016 15 h 27

      Lise Thériault sera réélue car elle sera dans une circonscription "borne-fontaine" mais je ne serais pas étonnée que même Couillard soit réélu.

      Pas étonnée mais très déçue de mes concitoyens.