Qu'est-ce qu'on mange? - Un pique-nique

D'où proviennent les aliments que nous mangeons? Quels procédés de transformation interviennent avant que ceux-ci se retrouvent dans nos assiettes? Des préoccupations qui rejoignent un nombre croissant de Québécois. Qu'est-ce qu'on mange?, une exposition ludique et didactique présentée à partir du 28 février au Centre d'exposition de l'Université de Montréal, proposera des réponses à plusieurs de ces questions.

À la question que suggère le titre d'une exposition élaborée en collaboration avec le Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, la directrice du Centre d'exposition de l'Université de Montréal, Andrée Lemieux, répond: «Aujourd'hui, on mange des aliments génétiquement modifiés dont la culture s'est souvent faite à l'aide de pesticides et d'engrais chimiques.»

Qu'est-ce qu'on mange? offre aux visiteurs la possibilité de découvrir l'alimentation dans un univers transformé pour l'occasion en table champêtre. En posant un regard ludique, on y fera la découverte de différentes facettes peu connues de l'industrie agroalimentaire: découvrir l'histoire des aliments, leur diversification et leur provenance, ainsi que les défis et les principaux enjeux rattachés à leur production.

«L'idée découle d'interrogations qui portaient sur les OGM», explique la directrice. Au cours de l'élaboration du projet, de nombreux thèmes se sont ajoutés à la liste: pesticides, engrais chimiques et naturels, monocultures, cultures biologique et hydroponique, certification alimentaire, procédés de transformation chimiques et physiques, emballage, etc. Autant de sujets qui animent présentement de nombreux débats.

«Le langage employé dans ce domaine est souvent de nature scientifique, donc d'une certaine complexité. L'exposition veut le simplifier; le rendre accessible. C'est pour cela qu'elle s'adresse principalement à des non-initiés», explique Mme Lemieux.

Un outil pour comprendre, pas une prise de position

«L'exposition va plus loin qu'un commentaire ponctuel. On l'a élaborée pour qu'elle ne soit pas dépassée par les événements de l'actualité.» Ainsi, l'exposition Qu'est-ce qu'on mange? s'est principalement dotée d'une mission éducative: expliquer l'alimentation afin de mieux la comprendre.

Pour susciter et maintenir l'intérêt, le centre d'exposition combinera apprentissage et divertissement. Une expérience déjà tentée avec 1,2,3, Maths, qui vulgarisait les mathématiques et avait connu un vif succès. La directrice sait en quelques mots définir l'approche retenue pour le développement de la thématique: «On ne se prend pas au sérieux, mais toutes les informations transmises, elles, le sont. On a réellement la volonté de faire connaître.»

Les 11 sections de l'exposition prendront l'allure d'aliments surdimensionnés. Elles proposeront de nombreuses activités; un environnement interactif où les enfants pourront, à l'aide de jeux, parfaire leurs connaissances. Sans être perçue comme une exposition s'adressant uniquement aux familles, Qu'est-ce qu'on mange? a la caractéristique de «combiner les intérêts des adultes avec ceux des plus jeunes», note Mme Lemieux.

Débats et découvertes

De plus, un tableau recensant divers articles scientifiques donnera l'occasion aux plus curieux de saisir avec plus de précision les débats et les découvertes liés à ce secteur d'activité. Les visiteurs pourront repartir avec une brochure de Greenpeace détaillant la situation actuelle des OGM.

Une prise de position? Certainement pas. «On ne tranche pas sur les grandes questions de l'heure. Par contre, on en brosse un portrait assez complet», affirme la directrice, ajoutant «qu'une fois informé, on peut faire des choix éclairés; on peut décider de consommer ou non certains aliments».

Les visiteurs pourront par exemple recueillir de l'information sur les procédés chimiques et physiques qui entourent la production de «crottes de fromage». Il s'agira d'un plongeon dans les coulisses de l'industrie agroalimentaire qui permettra de trouver des réponses à certains questionnements: «Pourquoi l'azote dans les sacs de croustilles? Pourquoi les bouchons de bière ont-ils une pellicule de plastique avec des capteurs d'oxygène?»

L'exposition, «conçue pour être itinérante», sera au Centre d'exposition de l'UdeM du 28 février au 8 avril. Ensuite, elle poursuivra sa route à Trois-Rivières ainsi que dans plusieurs villes canadiennes.