Soutien de l'État à l'exportation - Promouvoir les produits québécois comme des produits « haut de gamme »

Le programme Québec-Export a été mis sur pied à l'intention des entreprises qui veulent exporter. Il s'agit pour l'État québécois de compenser par une aide financière et technique la taille des entreprises, souvent des PME, en ces temps de mondialisation des marchés.

Depuis quelques années, le gouvernement du Québec a choisi de soutenir les entreprises agroalimentaires dans leurs efforts pour se placer sur le marché de l'exportation. «Le programme Québec-Export a spécialement été mis sur pied à l'intention des entreprises qui veulent exporter», explique Joanne Forest, directrice adjointe à la Direction du développement de la transformation alimentaire et des marchés au ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ).

Ce programme permet aux entreprises d'obtenir une aide financière ou technique afin de mettre en place un projet d'exportation ou de faire la promotion de leurs produits à l'étranger, en participant, par exemple à une foire commerciale. «Ce programme prend fin en 2005 et, compte tenu de son importance, nous espérons qu'il sera reconduit.»

De plus, le MAPAQ met à la disposition des entreprises un réseau de conseillers à l'exportation. Ces conseillers, présentement au nombre de quatre, logent dans les délégations du Québec à Boston, New York, Chicago et Los Angeles. Ils agissent à la manière d'attachés agroalimentaires auprès des distributeurs, des courtiers et des chaînes alimentaires.

«Les entreprises québécoises ont de bons produits, cela ne fait aucun doute, avance-t-elle. Mais nos entreprises éprouvent parfois des difficultés à avoir accès aux tablettes étrangères.» La taille des entreprises québécoises est sans doute la raison de cette difficulté.



Une attention particulière aux PME

«La majorité de nos entreprises sont petites, explique Mme Forest, et souvent elles n'ont pas les moyens à elles seules de se lancer dans l'exportation, ce qui implique d'importants investissements en promotion. C'est la raison pour laquelle il faut consolider l'industrie et apprendre à travailler ensemble.»

Une des solutions, croit-elle, réside dans la promotion générique, qui consiste à faire la promotion du produit québécois dans son ensemble plutôt que de tel ou tel produit en particulier. «Nous cherchons à promouvoir les produits québécois comme des produits haut de gamme que l'on recherche pour la qualité, un peu à la manière des produits de France, qu'on perçoit immédiatement comme étant de qualité.»

On cherche aussi à créer des créneaux pour les produits québécois. Par exemple, dans le domaine de la restauration et de l'hôtellerie, le ministère a mis en place le programme «Québec is cooking». Ce programme permet d'inviter des chefs québécois dans les restaurants américains. «Ils doivent élaborer un menu à partir de produits québécois disponibles dans la région où ils séjournent», explique Stéphane Legros du MAPAQ.

De plus, on travaille à faire la promotion des produits québécois à valeur ajoutée ou qui ont des caractéristiques spécifiques qui plaisent à des clientèles précises. Par exemple, les produits kasher québécois sont populaires à New York tout comme le sont les produits québécois certifiés biologiques à Los Angeles.

Selon ces deux interlocuteurs, le succès des produits québécois sur les marchés étrangers passe par la perception par le client qu'il s'agit de produits fins et de qualité. «Nos entreprises sont innovatrices. Elles doivent maintenant apprendre à mieux s'inscrire dans le contexte de la mondialisation. Et nous sommes précisément là pour les aider à réussir.»

P. V.