Les gardiens de prison dénoncent des attaques par fluides corporels

Les agents touchés par ces agressions doivent souvent attendre plusieurs semaines avant de connaître les résultats de tests capables de confirmer qu’ils n’ont pas été infectés par une maladie transmissible par divers fluides corporels. 
Photo: iStock Les agents touchés par ces agressions doivent souvent attendre plusieurs semaines avant de connaître les résultats de tests capables de confirmer qu’ils n’ont pas été infectés par une maladie transmissible par divers fluides corporels. 

Des agents des services correctionnels fédéraux ont manifesté jeudi à Renous, situé dans l’est du Nouveau-Brunswick, pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des attaques de détenus à leur endroit. Des gardiens ont récemment été aspergés de sang, d’urine, de sperme ou d’excréments.

Les agents du pénitencier fédéral s’inquiètent pour leur intégrité physique. Bien que cette situation ne soit pas nouvelle, elle représente des risques physiques importants. Les agents se montrent inquiets.

Leur syndicat, affilié à la CSN, a réclamé pendant des années le prélèvement d’échantillons sanguins obligatoires pour les détenus afin de connaître leur état de santé en cas de gestes de ce genre. Travail sécuritaire Nouveau-Brunswick (TSNB) a rejeté ces réclamations. Le secret médical est aussi respecté dans les prisons de compétence provinciale.

Les agents touchés par ces agressions doivent souvent attendre plusieurs semaines avant de connaître les résultats de tests capables de confirmer qu’ils n’ont pas été infectés par une maladie transmissible par divers fluides corporels. Des morsures, des projections de sang ou de sperme constituent par exemple des menaces d’infection par le VIH ou l’hépatite.

Ce n’est pas du tout une situation nouvelle, considère pour sa part Mathieu Lavoie, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), un autre syndicat affilié à la CSN. « C’est une situation similaire à celle que nous vivons au Québec. Nous nous plaignons aussi du peu d’accompagnement qu’offre l’employeur dans ces situations. »

Mais ces situations deviennent plus courantes aujourd’hui, estime Mathieu Lavoie, parce qu’« avec le sous-financement, les tensions sont beaucoup plus perceptibles à cause de situations de surpopulation. Il faut dire aussi qu’il y a plus de cas qui relèvent de la santé mentale qu’avant en prison ».

Mathieu Lavoie réclame au nom du SAPSCQ un meilleur appui des membres de la direction des prisons dans des circonstances pareilles. Ses confrères des établissements fédéraux demandent eux aussi qu’un plan d’action soit mis en place afin d’éviter et de mieux gérer ce genre d’agression à l’avenir.