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Les Shafia veulent un nouveau procès

Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed, qui ont été reconnus coupables du meurtre des trois filles du couple et de la première épouse de Mohammad, ont demandé jeudi au plus haut tribunal de l’Ontario de leur accorder un nouveau procès. Ils soutiennent que le premier procès avait été injustement influencé par un témoignage « hautement préjudiciable » sur les prétendus crimes d’honneur.

Le couple Shafia et son fils avaient été reconnus coupables en janvier 2009 de quatre chefs d’accusation de meurtre prémédité pour des assassinats qui, selon le juge présidant le procès, avaient été motivés par leur « conception tordue de l’honneur ».

Les avocats du trio ont toutefois fait valoir jeudi que le témoignage d’une experte de la Couronne sur les soi-disant crimes d’honneur n’aurait pas dû être admis et qu’il comptait parmi les nombreuses erreurs commises par le magistrat.

Me Frank Addario a déclaré devant les trois juges de la Cour d’appel ontarienne que ce type de preuve était absolument interdit et que le témoin n’aurait pas dû être autorisé à raconter au jury comment les crimes d’honneur étaient habituellement exécutés ou lire des textes les dénonçant.

Originaire de l’Afghanistan, la famille Shafia a fui le pays lorsque la guerre a éclaté et a par la suite émigré au Canada, s’installant à Montréal.

En juin 2009, les corps des trois filles des Shafia, Zainab, âgée de 19 ans, Sahar, âgée de 17 ans, et Geeti, âgée de 13 ans, ainsi que celui de la première femme de Mohammad, Rona Amir Mohammad, âgée de 52 ans, ont été retrouvés dans une voiture au fond du canal Rideau à Kingston, en Ontario.

Lors du procès, la Couronne avait avancé que les meurtres avaient été commis après que les filles eurent fait « honte » à la famille en sortant avec des garçons et en tenant tête à leurs parents. Quant à Rona Amir Mohammad, les procureurs avaient affirmé que le couple Shafia avait simplement voulu se débarrasser d’elle.

Pour étayer ses arguments, la Couronne avait fait appel à Shahzrad Mojab, une professeure spécialisée dans la violence contre les femmes, particulièrement au Moyen-Orient.

Les preuves de Mme Mojab comportaient un « raisonnement stéréotypé par rapport aux Afghans musulmans », a plaidé Me Addario, alors que son témoignage sur la manière dont les crimes d’honneur étaient normalement perpétrés n’avait « aucune pertinence sur le plan légal ».

L’avocat de Hamed Shafia a par ailleurs demandé au tribunal d’admettre de nouvelles preuves qui, selon lui, montrent que son client était mineur au moment du décès de ses soeurs et de la première épouse de son père.

2 commentaires
  • Lucien Cimon - Abonné 3 mars 2016 13 h 47

    L’avocat de Hamed Shafia, Scott Hutchison, soutient que trois documents provenant de l’Afghanistan, où est né son client, ont été retrouvés depuis le procès et éclipsent tout doute sur l’âge de l’homme.

    Est-ce que c'est raciste, d'être un peu sceptique...

  • Maryse Veilleux - Abonnée 3 mars 2016 19 h 13

    Peu importe

    .... qu'il soit mineur ou non, apparemment que les preuves étaient accablantes donc, je ne trouve pas qu'ils aident à leur cause de retourner devant les tribunaux...