Miser sur les jeunes pour une société égalitaire

Caroline Rodgers Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Journée des femmes

C’est en misant sur l’éducation des jeunes, filles et garçons, que l’on arrivera un jour à créer une société égalitaire, croit-on au Y des femmes de Montréal. C’est pourquoi le Y offre une dizaine de programmes à cette clientèle. Le service jeunesse de l’organisme lançait récemment le guide d’intervention Relations NETtes sur le cyberharcèlement. Pour la Journée internationale de la femme, il publie une liste de livres jeunesse qui présentent des modèles positifs de femmes aux jeunes lecteurs.

Elizabeth Blackwell, la première femme médecin de l’histoire des États-Unis, Jane Goodall, la célèbre primatologue britannique, et Malala Yousafzai, militante des droits des femmes au Pakistan et plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix de l’histoire, sont quelques-unes des femmes à découvrir à travers la liste. Dix livres pour ancrer des modèles de femmes inspirantes dans l’esprit des jeunes, qui s’adresse aux lecteurs âgés de trois à seize ans. Quelques titres proposés sont en anglais, mais la plupart sont en français.

« Souvent, on voit des livres avec beaucoup de stéréotypes, où les filles sont ancrées dans des modèles assez restreints, dit Delphine Berger, coordonnatrice du service jeunesse du Y des femmes. Nous avons voulu proposer des modèles de femmes célèbres qui puissent inspirer les jeunes. Ce sont des livres faciles à trouver dans les bibliothèques et les librairies. La liste est un coup de pouce aux intervenants qui travaillent auprès des jeunes et aux parents qui cherchent des titres allant dans ce sens. »

Cyberharcèlement

L’initiative Relations NETtes propose un guide gratuit d’une quarantaine de pages pour prévenir le cyberharcèlement, un problème très répandu chez les jeunes.

« Il s’adresse avant tout aux intervenants qui travaillent auprès d’eux, dit Delphine Berger. Il a été financé par le Secrétariat à la condition féminine. Avec le développement des technologies, le cyberharcèlement est de plus en plus répandu et banalisé dans les écoles secondaires. Parce que c’est fait de façon virtuelle, les jeunes s’imaginent qu’il n’y a pas de conséquences, alors que les conséquences psychologiques peuvent être importantes pour la victime, tandis que le jeune qui harcèle peut subir des conséquences judiciaires. »

Le guide, en six parties, propose des activités individuelles ou de groupe pour sensibiliser les jeunes au phénomène. On peut le télécharger ici.

« Nous avons testé nous-mêmes ces idées auprès des jeunes en allant dans les écoles secondaires. Par exemple, dans un groupe, les jeunes ont lancé le hashtag #jeconnaismeslimites et ils ont produit des macarons qui seront distribués dans d’autres écoles. Dans une autre école, les jeunes ont tourné une vidéo pour montrer des situations où le cyberharcèlement peut avoir lieu. »

Le Y des femmes a aussi mis sur pied des projets pour prévenir l’exploitation sexuelle chez les jeunes filles, un sujet brûlant d’actualité. D’autres programmes visent à renforcer l’estime de soi des filles, à développer leur leadership, à diversifier leur choix de carrière, à lutter contre la dépendance affective et à développer l’esprit critique envers les stéréotypes et tout ce qui concerne l’image corporelle. Un camp d’été s’adresse également aux jeunes filles pour développer leur leadership et approfondir tous ces aspects.

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