Trudeau prié de signer le projet de loi C-452

Des femmes dont les filles sont sous l’emprise de gangs de rue interpellent directement Justin Trudeau pour lui demander de signer le décret permettant l’adoption du projet de loi C-452 sur la traite des personnes.

Marjolaine Aubé a déposé lundi au bureau montréalais du premier ministre une lettre le pressant de promulguer le projet de loi de l’ex-députée Maria Mourani, adopté aux Communes, puis au Sénat, l’an dernier. Elle demande également une rencontre avec son épouse, Sophie Grégoire-Trudeau, à qui elle veut s’adresser à titre de mère.

La fille de Mme Aubé est l’une de ces adolescentes qui, sous l’emprise de proxénètes, ont récemment fugué du Centre jeunesse de Laval. Mathilde Geoffroy-Aubé, 16 ans, a été retrouvée quatre jours plus tard. Lors d’une fugue précédente, elle avait été repérée alors qu’elle s’apprêtait à prendre la route pour Calgary.

Dans la lettre signée par cinq autres parents de résidantes du Centre jeunesse, Mme Aubé signale que « des groupes criminels de proxénètes se sont établis directement aux alentours de plusieurs centres jeunesse, dont celui de Laval, et ont réussi à attirer nos filles en leur faisant toutes sortes de promesses mensongères ».

« La situation actuelle ne peut être tolérée. Ce sont de véritables prédateurs qui s’attaquent [à] des jeunes filles vulnérables », poursuit-elle.

Le projet de loi C-452 renverse notamment le fardeau de la preuve vers l’exploiteur, les filles — amoureuses ou terrorisées, selon Mme Mourani — n’ayant pas nécessairement à témoigner contre leurs proxénètes.

« Le large débat parlementaire a déjà eu lieu et la loi est prête. Nous nous adressons à vous en tant que premier ministre et en tant que père de famille, pour que la loi C-452 soit promulguée sans délai », conclut Mme Aubé dans sa missive.

En entrevue, elle est catégorique : si le projet de loi, d’abord mort au feuilleton en 2011, puis adopté aux Communes en 2013, puis au Sénat en 2015, avait déjà été promulgué par le conseil des ministres, sa fille ne serait pas dans une telle situation aujourd’hui.

« Si [cette loi] avait existé il y a deux ans, je n’en serais pas là aujourd’hui avec ma fille. Il y a des choses qui se seraient réglées plus rapidement, et c’est la même chose pour les autres mères », a-t-elle écrit.

Bureau du premier ministre

M. Trudeau a soutenu en entrevue à La Presse la semaine dernière qu’une partie du projet de loi risquait d’être jugée inconstitutionnelle.

Lundi, son bureau a confirmé avoir bel et bien reçu la lettre des parents et « noté leurs demandes ». Avec la reprise des travaux parlementaires mardi, il se pourrait que le ministère ait plus à dire dans le dossier, a-t-on ajouté.

Mme Mourani, présente au moment du dépôt de la lettre, demande au gouvernement libéral de « mettre de côté la partisanerie » et de signer le décret, quelque chose qui ne prend que « cinq minutes », précise-t-elle.

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1 commentaire
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 février 2016 17 h 49

    Justin,pour etre PM

    faut avoir autre chose que des selfies,ca prend du "guts".Manque pas ta chance et sert nous pas des sottises comme l inconstitutionnalite de cette loi.......J-P.Grise P.S:Je crois qu il y a un "N" se trop.