La correspondance intime de Jean-Paul II dévoilée

Jean-Paul II à la messe de Noël du Vatican, le 24 décembre 2001
Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse Jean-Paul II à la messe de Noël du Vatican, le 24 décembre 2001

Londres — Jean-Paul II a vécu une amitié « intense » pendant trente ans avec une philosophe mariée, Anna-Teresa Tymieniecka, a révélé la BBC qui a pu consulter les lettres du pape envoyées à cette Américaine et a diffusé un reportage à ce sujet lundi soir.

Ces lettres ouvrent « la fenêtre la plus extraordinaire sur la vie privée de l’une des personnes les plus célèbres de l’histoire », estime Edward Stourton, le journaliste de la BBC à l’origine de la découverte, objet de l’émission Panorama. Une version longue de cette enquête sera également diffusée mardi par la chaîne franco-allemande Arte.

Plus de 350 lettres écrites par Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, à Anna-Teresa Tymieniecka, philosophe américaine d’origine polonaise, ont été retrouvées à la Bibliothèque nationale polonaise, qui les avait reçues de Mme Tymieniecka en 2008.

Les lettres semblent laisser entendre que l’universitaire avait des sentiments amoureux pour le cardinal Wojtyla.

Selon la Bibliothèque nationale polonaise, cependant, cette relation « n’était ni confidentielle ni exceptionnelle ». « Les thèses formulées par des médias ne trouvent aucune confirmation dans le contenu des lettres de Jean-Paul II à Anna Teresa Tymieniecka », estime la Bibliothèque dans un communiqué, parlant d’une relation « largement connue et décrite dans de nombreuses publications ».

« Ma chère Teresa, j’ai reçu les trois lettres. Tu écris que tu es déchirée, mais je n’ai pu trouver aucune réponse à ces mots », écrit le futur Jean-Paul II dans une lettre datant de 1976, la décrivant comme « un cadeau de Dieu ».

 

L’attrait du prêtre

« Ils étaient plus que des amis, mais moins que des amants », a estimé M. Stourton, indiquant qu’il n’y avait dans ces lettres aucune preuve de rupture du voeu de chasteté de Jean-Paul II. Ces écrits montrent « un combat pour contenir ce qui était certainement une relation très intense ».

« Des femmes tombent assez souvent amoureuses de prêtres, cela cause toujours pas mal d’ennuis », a dit à l’AFP le père Boniecki, qui a dirigé pendant des années à Rome l’édition polonaise de l’Osservatore Romano, avant de devenir rédacteur en chef du prestigieux hebdomadaire catholique polonais Tygodnik Powszechny.

« Si elle était amoureuse du cardinal Wojtyla, elle n’était probablement pas la seule à l’être », a encore observé cet ancien collaborateur du pape, auteur de Kalendarium, une chronique quotidienne extrêmement détaillée de la vie de Jean-Paul II.

Mme Tymieniecka « a traduit en anglais un des livres de Karol Wojtyla et l’a fait connaître dans les milieux universitaires américains ». Mais « cette traduction a fait l’objet de tensions entre eux », se rappelle-t-il.

La première lettre date de 1973, année de la rencontre entre Anna-Teresa Tymieniecka et Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, et la dernière de quelques mois avant la mort de ce dernier, en 2005.

Dans son autobiographie publiée en 1996, Jean-Paul II évoquait ses années au lycée et écrivait qu’à cette époque, sa « vocation sacerdotale n’était pas encore mûre ».

« Certaines personnes pensent probablement que si un jeune homme montrant une telle inclinaison religieuse ne va pas au séminaire, c’est un signe que d’autres amours ou prédilections se jouent dans son coeur », écrivait-il.

« Mais […] à cette époque, je brûlais de passion pour la littérature et par-dessus tout pour le théâtre », écrivait-il.

Les années de jeunesse de Karol Wojtyla avant qu’il ne devienne prêtre ont fait l’objet de nombreuses conjectures. Le Vatican a même publié en 1979 un démenti officiel pour éteindre la rumeur qu’il avait eu une « fiancée ».

Des pièces de théâtre et un livre, intitulé Amour et Responsabilité, écrits par le pape lorsqu’il était professeur de théologie à Cracovie, avaient ensuite relancé les rumeurs d’un possible amour de jeunesse.

En 1979, un livre écrit par les journalistes d’investigation Carl Bernstein et Marco Politi avait parlé de deux jeunes filles, Ginka Beer et Halina Krolikiewicz, comme ayant été des amies proches du jeune Karol Wojtyla.

2 commentaires
  • - Inscrit 15 février 2016 12 h 58

    Plutôt rassurant non ?

    Pourquoi vouloir cacher l'amour d'un chrétien? Après tout un confiseur peut bien aimer les confitures !

  • Hélèyne D'Aigle - Abonnée 16 février 2016 05 h 22

    Des ' âmes - mies ' !




    " Qui suis - je pour juger ? " , dirait l'autre .