Ghomeshi aurait «étouffé» la troisième plaignante

La troisième plaignante à témoigner dans le cadre du procès de Jian Ghomeshi pour agression sexuelle a révélé, lundi, qu’elle avait rencontré l’ancien animateur vedette de la radio de CBC à un festival de danse de Toronto au début des années 2000.

La femme, dont l’identité ne peut être dévoilée, a précisé qu’elle avait déjà été présentée rapidement à Ghomeshi, mais qu’elle avait réellement fait sa connaissance au festival. Elle a raconté qu’il s’était approché d’elle par-derrière, avait passé ses bras autour de ses épaules et, à quelqu’un qui lui demandait comment ils s’étaient rencontrés, avait répondu qu’ils étaient fiancés.

La femme a ajouté qu’elle avait soupé avec lui un soir durant le festival et l’avait plus tard rejoint dans un coin retiré d’un parc voisin où ils s’étaient embrassés. La plaignante a expliqué qu’alors qu’ils s’embrassaient, elle avait senti sa main et ses dents sur son épaule puis ses mains remonter vers son cou et l’entourer.

Elle a confié avoir eu l’impression qu’un changement s’était produit chez Jian Ghomeshi, comme s’il n’était plus la même personne. Lorsqu’elle a essayé de se libérer de son étreinte, il a placé sa main sur sa bouche, « l’étouffant, en quelque sorte ». Par la suite, aucune parole n’a été prononcée. La femme a dit avoir quitté le parc et pris un taxi pour rentrer chez elle.

Après le présumé incident, le témoin a admis avoir revu Jian Ghomeshi, expliquant qu’ils étaient allés au restaurant et prendre quelques verres avant de se rendre chez elle pour un échange « romantique ».

Le procureur Michael Callaghan a indiqué que la plaignante n’avait pas fait part de cette histoire aux policiers lorsqu’elle a porté plainte pour agression sexuelle. Interrogée à ce sujet, elle a répondu n’avoir rien dit au départ parce qu’elle ne croyait pas que c’était pertinent et aussi parce qu’elle avait honte.

Audience à huis clos

Le témoignage de la femme, lundi, avait été précédé par une audience à huis clos réclamée par l’avocate de Ghomeshi, qui a déclaré que la déposition faite à la police par la dame, vendredi, n’avait pas été transmise intégralement à la défense avant dimanche.

Marie Henein a précisé que la plaignante avait effectué la déposition après avoir pris connaissance de reportages sur le procès, ce qu’elle n’était pas censée faire.

Me Callaghan a affirmé qu’il n’y avait eu aucune tentative de la part de la poursuite pour induire la défense en erreur. Il a ajouté que la Couronne avait d’abord fourni à la défense un résumé des nouveaux renseignements avant de lui donner une version détaillée, dimanche.

Jian Ghomeshi fait face à quatre chefs d’accusation d’agression sexuelle et un chef d’avoir tenté d’étouffer, de suffoquer ou d’étrangler une personne dans le but de vaincre sa résistance. Il a plaidé non coupable.