Grandes manifestations pour les CPE

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche place Émilie-Gamelin, à Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Des milliers de personnes ont manifesté dimanche place Émilie-Gamelin, à Montréal.

Des milliers d’éducatrices, de parents et d’enfants ont bravé le froid aux quatre coins du Québec dimanche matin pour demander au gouvernement de revenir sur sa décision d’amputer les budgets des centres de la petite enfance (CPE) de 120 millions de dollars supplémentaires.

Organisés par l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), les rassemblements ont eu lieu dans 18 villes du Québec, de Montréal à Rouyn-Noranda, en passant par Québec, Sherbrooke et Drummondville. Outre l’appui des gens directement issus du milieu, les manifestations ont également reçu celui des grandes centrales syndicales, du Parti québécois et de Québec solidaire. Le gouvernement est « en train de faire la promotion des garderies privées », a dénoncé le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, qui participait au rassemblement montréalais.

Sur le terrain, ces nouvelles coupes qui seront effectives à compter du 1er avril imposeront aux CPE une réduction budgétaire d’environ 12 %. Compressions qui se traduiront nécessairement par des pertes d’emploi et par la suppression de certains programmes éducatifs. « Il n’y a plus rien à couper ! Si le gouvernement maintient sa décision, notre réseau ne sera plus le programme éducatif qu’on a connu, mais un simple service de garde », soutient le président de l’AQCPE, Louis Sénécal.

L’Association souligne d’autre part que les nouveaux tarifs modulés selon le revenu iront chercher 170 millions de plus chez les parents.

Si le gouvernement refuse d’entendre raison, l’Association prévoit d’autres moyens de pression, dont la fermeture d’établissements, soit pour quelques heures ou des journées complètes, à compter du mois de mars.

Des milliers d’éducatrices, de parents et d’enfants ont bravé le froid aux quatre coins du Québec dimanche matin pour demander au gouvernement de revenir sur sa décision d’amputer les budgets des centres de la petite enfance (CPE) de 120 millions de dollars supplémentaires.

Organisés par l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), le plus important regroupement de CPE, les rassemblements ont eu lieu dans 18 villes du Québec, de Montréal, où plusieurs milliers de personnes ont pris d’assaut la place Émilie-Gamelin, à Rouyn-Noranda, en passant par Québec, Sherbrooke et Drummondville. Outre l’appui des gens directement issus du milieu, les manifestations ont également reçu celui des grandes centrales syndicales, du Parti québécois et de Québec solidaire.

« Nous sommes en train de faire la promotion des garderies privées, a dénoncé le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, qui participait au rassemblement montréalais. Ce n’est pas vrai qu’on va laisser nos CPE entre les mains d’un gouvernement qui veut les démanteler sans rien dire ! » À une certaine époque, « nous rêvions d’un Québec fou de ses enfants, a renchéri la co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David sous les acclamations de la foule. Nous rêvions d’égalité des chances pour tous les enfants du Québec de tous les milieux, nous rêvions que toutes les femmes du Québec puissent aller travailler pour conquérir leur autonomie ! Aujourd’hui, le gouvernement Couillard veut détruire ces rêves. Il veut transformer nos Gardelunes, nos Picassos, nos Bottines filantes, nos Petits talons, en parkings d’enfants. C’est non ! »

Sur le terrain, ces nouvelles coupes qui entreront en vigueur à compter du 1er avril imposeront aux CPE une réduction de près de 85 000 $ par CPE d’une soixantaine de places, ce qui représente environ 12 % de leur budget. Compressions qui se traduiront nécessairement par des pertes d’emploi et par la suppression de certains programmes éducatifs. Selon le président de l’AQCPE, Louis Sénécal, entre 2000 et 2500 emplois sont menacés un peu partout au Québec, dont 900 dans la seule région de Montréal. « Depuis 2006, nous avons fait notre possible pour réduire nos dépenses partout où c’était possible sans affecter les enfants, soutient M. Sénécal. Là, ce ne sera pas possible, il n’y a plus rien à couper ! Si le gouvernement maintient sa décision de retrancher ces 120 millions supplémentaires, notre réseau ne sera plus le programme éducatif qu’on a connu, mais un simple service de garde. »

L’Association souligne d’autre part que les nouveaux tarifs modulés selon le revenu iront chercher 170 millions de plus chez les parents. « Dans le contexte actuel, les compressions annoncées n’ont tout simplement pas leur raison d’être », a ajouté le président de l’AQCPE.

Si le gouvernement refuse d’entendre raison, l’Association prévoit d’autres moyens de pression, dont la fermeture d’établissements, soit pour quelques heures ou des journées complètes, à compter du mois de mars.

Nouveau ministre

L’arrivée d’un nouveau venu à la tête du ministère de la Famille a été relativement bien accueillie par l’AQCPE, qui espère maintenant voir s’opérer un changement de ton. « Nous avons rencontré le ministre [Sébastien] Proulx au cours des derniers jours, c’était cordial, reconnaît le président de l’Association. Il semble y avoir de l’ouverture. » Louis Sénécal espère toutefois que le nouveau ministre passera maintenant de la parole aux actes. « Le gouvernement a annoncé la fin de l’austérité, il affirme même qu’il y a des surplus budgétaires, on pense donc qu’il a la marge de manoeuvre nécessaire pour revenir sur sa décision », a-t-il expliqué.

Plus encore, selon lui, le gouvernement Couillard doit arrêter de considérer le réseau de la petite enfance comme une dépense. « On comprend que le gouvernement a un agenda électoral qui est souvent limité dans le temps, mais il est temps qu’il comprenne qu’investir dans le développement des tout-petits, c’est investir dans la base même de la société québécoise. »

1 commentaire
  • Raymond Chalifoux - Abonné 8 février 2016 06 h 29

    Des politiciens / gestionnaires de magasin à un dollar...

    "... le gouvernement a un agenda...": Oui!, se lancer comme une bande de dératés, et en pleine récession, dans une course à l'austérité pour éliminer un déficit dont tout le monde se fout, et le faire sur le dos des malades, des tout petits, des étudiants, des aînés, des adolescentes vulnérables et des psychiatrisés.

    Un peu comme quand l'Extrême Droite y va de tout le génie dont elle est capable.. et que tout du long, le boss du discours, avec l’assurance et l'aautorité de l’ecclésiastique aspergeant l’assistance d’eau bénite à l’aide de son goupillon chromé, nous douchait de formules clichées telles « préoccupations de bon père de famille ».

    Une vraie caricature de gestion déconnectée, un peu comme si.. comme si.. Robert Bourassa en son temps, s’en était pris à… Passe-Partout, ma foi...

    Entre vous et moi et le poteau de l’Hydro, je me demande, comme ça, à quoi ressemblerait le résultat en chair et en os si… Donald Trump avait un discours posé truffé de beaux grands mots, la barbe intello couleur Santa Clauss, un sourire avenant, et qu’il était drapé dans le prestige et l’autorité venue d’une longue carrière comme neurochirurgien? On jase..