Une université suit ses étudiants pas à pas

Les étudiants de l’univerité Oral Roberts, en Oklahoma, devront se munir d’un bracelet électronique qui mesure leur activité physique.
Photo: Robert Benson Agence France-Presse Les étudiants de l’univerité Oral Roberts, en Oklahoma, devront se munir d’un bracelet électronique qui mesure leur activité physique.
Une université américaine annonce que ses étudiants de première année devront s’équiper d’un capteur d’activité physique. À moins de 10 000 pas par jour, leurs notes s’en ressentiront.
 

À l’université Oral Roberts (ORU), aux États-Unis, étudiant en première année rime avec coach électronique au poignet. La direction de cet établissement situé à Tulsa (Oklahoma) vient d’annoncer qu’il est désormais obligatoire pour les freshmen de se munir d’une Fitbit. Ce détecteur d’activité, sous forme de montre, mesure l’activité physique quotidienne en comptabilisant « les pas, la distance parcourue, les calories brûlées et les minutes actives ».

ORU, petite université chrétienne, a toujours rendu les cours de sport obligatoires dans son cursus, depuis son ouverture en 1965. Cette matière compte pour l’obtention du diplôme universitaire et mêle cours théoriques et exercices pratiques. Jusqu’à présent, les élèves devaient tenir un journal de bord qui comptabilisait leur activité sportive. Selon le quotidien USA Today, l’université requiert à présent avec le coach électronique l’équivalent de 10 000 pas par jour. Un exercice qui comptera pour 20 % de la note finale. Cet objectif de 10 000 pas par jour (soit un peu plus d’une heure et entre 5 et 6 kilomètres), c’est celui fixé par l’Organisation mondiale de la santé pour rester en forme.

Le mythe du « Freshman 15 »

« Quand nous avons commencé ce programme innovant à l’automne 2015, nous étions la première université au monde à offrir cette approche concernant un programme de mise en forme», affirme le président de l’université, William M. Wilson sur le site officiel d’Oral Roberts. Pas de triche possible, puisque le détecteur d’activité est directement relié au relevé de notes de l’étudiant. Si la montre ne contient pas de GPS et ne permet pas à l’université de géolocaliser ses étudiants, ces derniers seront toujours contrôlés pendant leurs vacances, peu importe où ils se trouvent, a admis un employé de l’université.

En Amérique du Nord, selon le mythe du « Freshman 15 », les étudiants gagneraient 6 kilos (15 livres) lors de leur première année à l’université. Cette prise de poids s’expliquerait par exemple par une augmentation de la consommation d’alcool et de fast-food. Une rumeur très répandue qui n’a jamais été confirmée par la science. Le surpoids et l’obésité sont cependant en constante augmentation aux États-Unis. En 2014, 62,9 % des Américains en étaient victimes, selon l’Institut Gallup. Michelle Obama a fait de la lutte contre l’obésité sa priorité, particulièrement contre l’obésité infantile. Des initiatives se développent de plus en plus dans les écoles pour encourager les élèves et étudiants à faire de l’exercice. Le Washington Post consacrait en octobre dernier un article sur plusieurs écoles primaires à Charleston qui ont supprimé les frontières entre gym et cours traditionnels : les élèves apprennent les maths ou l’orthographe tout en pédalant. Une mesure prise à la suite d’un constat alarmant : seulement un quart des jeunes enfants américains respectent les 60 minutes d’activité physique par jour recommandées par le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis.