Plaidoyers pour des jeunes mieux encadrés

Les fugues de trois adolescentes du Centre jeunesse de Laval — dont deux sont encore recherchées par les autorités — nourrissent le débat sur l’encadrement des jeunes vulnérables, une question que le Service de police et le maire de Laval comptent aborder avec la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, dans une rencontre qui doit avoir lieu en début de semaine prochaine, a appris Le Devoir.


« Il y a une problématique, et la solution réside dans la collaboration de toutes les parties », a affirmé Marc Demers, qui a l’intention de mobiliser « toutes les ressources nécessaires » pour venir en aide aux adolescentes vulnérables.

Trois jeunes femmes du Centre jeunesse de Laval sont disparues récemment : Mathilde Geoffroy Aubé et Sarah Hauptman sont encore en fuite, tandis que Kelly Martin Nolet a été retrouvée mercredi. Jeudi, les policiers ont choisi de médiatiser la disparition de Sanaa El-Khou, une résidante de Châteauguay âgée de 16 ans, car ils craignent qu’elle ait été ciblée par des membres d’un gang de rue.

« C’est un phénomène qui doit être attaqué de différentes façons », a réagi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. « Il n’y a pas que l’angle répressif. […] C’est un enjeu social qui va demander beaucoup en prévention. »

Sa collègue Lucie Charlebois a plaidé pour un meilleur encadrement des jeunes vulnérables. « Manifestement, il y a un réseau qui s’est infiltré dans le Centre jeunesse de Laval, et la police est sur le coup », a-t-elle dit.

À la police de Laval, l’inspecteur des crimes majeurs Alain Meilleur a émis des réserves sur les déclarations de la ministre Charlebois. « L’exploitation sexuelle, les gens qui sont derrière ça le font souvent pour leur profit personnel. […] Ils le font pour eux, et non au profit d’un gang », a-t-il répondu quand Le Devoir lui a demandé s’il existait bel et bien un réseau actif au sein du centre jeunesse de Laval.

Sans commenter directement la déclaration de la ministre, l’inspecteur a rappelé que dans plusieurs cas, les services policiers connaissent les jeunes qui recrutent les adolescentes dans le but de les exploiter sexuellement. « Moi, dans mes dossiers, j’ai plus des stratagèmes de personnes [qui agissent] seules », a-t-il souligné.

Surtout, le repérage d’adolescentes vulnérables n’est pas circonscrit à Laval ou à son Centre jeunesse, a-t-il insisté. L’accès aux jeunes femmes se fait au sein même des centres jeunesse, mais aussi par le bouche-à-oreille, par les réseaux sociaux ou lors des sorties. « Il y a plusieurs façons d’avoir accès aux jeunes […] et il y a de la clientèle vulnérable ailleurs que dans les centres jeunesse », a-t-il précisé.

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 5 février 2016 02 h 23

    De plus en plus efficaces et coutent de moins moins chers

    Vous voulez faire marche arriere je vous souhaite bonne chance, il n'y a pas beaucoup de solutions, il y a les contraintes morales et religieuses que nous avons connus ou la liberté il est évident qu'avec la liberté apparait toutes sortes de nouveaux commerces, peut etre etes-vous les seuls a ne pas le savoir, juste une petites question en passant, combien de nouvelles drogues apparaissent tous les ans, quelles sont de plus en plus efficaces et coutent de moins en moins chers, vous voyez bien que vous n'êtes plus dans le coup

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 février 2016 09 h 13

    Internet

    Parce que c'est possible que les filles se fassent ramasser sur internet, plus personne ne surveille les bouches de Métros, On est vraiment rendu dans le monde virtuel à tout crin. Malheureusement, ce qui arrive à nos filles n'est pas virtuel du tout.

    PL