Beaucoup d’hommes victimes de voies de fait

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Des données rendues publiques par Statistique Canada, cette semaine, déboulonnent certains mythes sur la violence conjugale.

L’Enquête sociale générale de 2014 sur la victimisation révèle que si les femmes victimes de violence conjugale demeurent deux fois plus nombreuses à avoir subi les violences les plus graves (34 % contre 16 % chez les hommes), soit avoir été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau, les hommes sont trois fois et demie plus nombreux (35 % contre 10 %) à avoir subi des voies de fait sous la forme de coups de pied, de morsures, de coups et de coups avec un objet contondant.

Le criminologue et spécialiste des questions de violence conjugale Stéphane Guay, de l’Université de Montréal, s’étonne de la nature des violences subies par les hommes. « C’est la première fois que je vois un rapport de Statistique Canada qui dit que les hommes ont été plus souvent victimes de ces formes de violence grave que les femmes. Ça me surprend. Je n’aurais pas pu prédire ça », a-t-il expliqué.

En baisse

Le taux de violence conjugale a diminué de près de la moitié depuis 2004. Selon l’Enquête, sur un peu plus de 19 millions de Canadiens qui avaient un conjoint ou un ex-conjoint en 2014, environ 4 %, soit 760 000 personnes, ont déclaré avoir été victimes de violence physique ou sexuelle, ou les deux, de la part de leur partenaire au cours des cinq années précédentes, tant chez les hommes que chez les femmes. Cette proportion est bien inférieure à celle de 7 % enregistrée 10 ans plus tôt, en 2004, une chute dont l’ampleur étonne aussi Stéphane Guay. « Qu’il y ait une baisse, c’est normal et on s’y attend parce que c’est un problème qui a été pris au sérieux et il y a eu beaucoup d’actions qui ont été prises. Mais 3 points de différence ? C’est presque une diminution de 50 %. Ça, je ne vous aurais pas gagé un 2 $ là-dessus », a-t-il confié en entrevue avec La Presse canadienne.