40 000 $ en échange d’informations pouvant élucider le meurtre de Sindy Ruperthouse

Une récompense pouvant aller jusqu’à 40 000 $ sera remise par l’organisme Jeunesse au soleil en échange de toute information pouvant contribuer à élucider le meurtre de Sindy Ruperthouse. Cette Algonquine vue pour la dernière fois à Val-d’Or il y a près de 20 mois était à l’origine d’un reportage diffusé à l’émission Enquête en octobre dernier.

Ceux qui disposeraient d’informations pouvant faire avancer l’enquête sont ainsi invités par la Sûreté du Québec (SQ) à communiquer avec la Centrale de l’information criminelle. Le tout se fait de façon confidentielle. « Toutes les informations qui peuvent servir à faire avancer l’enquête sont les bienvenues, précise la sergente Christine Bruno du service des communications de la Sûreté du Québec. Même celles qui pourraient paraître anodines aux yeux des citoyens. Par exemple, si quelqu’un se souvient de l’avoir vue à un endroit en particulier, même si ce souvenir est flou. Il est évident qu’elles seront vérifiées par nos enquêteurs, mais elles peuvent faire une réelle différence dans le déroulement d’une enquête. »

Ce n’est pas la première fois que la SQ sollicite l’aide du public pour obtenir des informations dans ce dossier. Il s’agit toutefois de la première opération du genre accompagnée d’une récompense financière. Les 40 000 $ promis ont été remis à l’organisme Jeunesse au soleil par un donateur anonyme et expireront le 22 juin 2016.

« Ce qu’il faut garder en tête, c’est qu’il y a nécessairement quelqu’un, quelque part, qui sait quelque chose, précise Martine Asselin, porte-parole pour le corps de police national. Il manque des pièces au casse-tête, ça fait au moins trois fois qu’on appelle la population à nous transmettre les informations dont elle dispose. Est-ce que la récompense pourra encourager quelqu’un à parler ? On l’espère. »

Même si le corps de Sindy Ruperthouse n’a toujours pas été retrouvé, les enquêteurs du Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la SQ sont convaincus que cette dernière a été assassinée. Depuis mars dernier, le corps policier national traite donc le dossier de la disparition de l’Algonquine comme un meurtre. « Les démarches qui ont été effectuées dans le cadre de l’enquête jusqu’à présent vont dans ce sens,a indiqué en entrevue la porte-parole de la SQ, Martine Asselin. Il y a des éléments qui portent à croire qu’il s’agit d’un meurtre. »

La policière indique toutefois qu’il ne faut pas perdre de vue que le processus est long et que chaque nouvelle information portée à l’attention des enquêteurs doit être vérifiée avant d’être ajoutée au dossier. « De nombreuses informations nous ont déjà été transmises via la Centrale et la famille [de Sindy Ruperthouse] », a précisé Mme Asselin.

Impossible toutefois pour elle d’indiquer s’il y a eu des développements au courant des derniers mois, la divulgation de telles informations pouvant interférer avec le déroulement de l’enquête. « Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on ne l’a pas retrouvée et que tous nouveaux renseignements susceptibles d’aider les enquêteurs dans leur travail seront appréciés. »

Disparition

Sindy Ruperthouse avait 44 ans lorsqu’elle a été vue pour la dernière fois le 23 avril 2014 à Val-d’Or. La plainte concernant sa disparition n’aura toutefois pas été déposéeavant le mois de septembre de cette même année. Plus de 18 mois plus tard, les proches de l’Algonquine sont toujours sans nouvelles. Au moment de sa disparition, sa famille et ses amis avaient des raisons de craindre pour sa santé et sa sécurité, mais avaient toujours réussi à rester en contact avec elle au fil des années.

Sa disparition a fait couler beaucoup d’encre cet automne à la suite de la diffusion d’un reportage d’Enquête sur la situation des femmes autochtones à Val-d’Or. Au moment du passage des journalistes, l’enquête concernant la disparition de Sindy Ruperthouse stagne, selon les propos recueillis dans le cadre du reportage-choc diffusé sur les ondes de Radio-Canada. Les parents de la femme qui aurait aujourd’hui 45 ans, Johnny Wylde et Emily Ruperthouse, affirment d’ailleurs n’avoir reçu aucun appel téléphonique des policiers de la région avant le passage de l’équipe d’Enquête en Abitibi.

Les reporters Josée Dupuis et Emmanuel Marchand, à l’origine de l’enquête journalistique, ont d’ailleurs indiqué que c’était justement parce que l’histoire de Sindy Ruperthouse n’avait jamais fait les manchettes et qu’elle sombrait tranquillement dans l’oubli qu’ils avaient décidé de se rendre, en premier lieu, à Val-d’Or.

Enquête publique

L’histoire de Sindy Ruperthouse est un cas de disparition parmi plusieurs centaines qui ont eu lieu au cours des 30 dernières années. Depuis plus d’une décennie, les proches des victimes et de nombreux organismes autochtones demandent la tenue d’une enquête publique sur les femmes autochtones disparues et assassinées.

Le gouvernement fédéral de Justin Trudeau a entamé, au cours des dernières semaines, les travaux préparatoires qui devraient mener à cette commission d’enquête. Cette dernière, promise par le Parti libéral du Canada lors de la dernière campagne électorale, devrait avoir lieu dans les prochains mois.