Arabe, citoyen et radical

Haroun Bouazzi a notamment fondé l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Haroun Bouazzi a notamment fondé l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec.

À l’ombre d’un gratte-ciel de la haute finance du centre-ville de Montréal, complet parfaitement ajusté, souliers de cuir vernis, Haroun Bouazzi ne cadre pas avec l’image typique du militant. Ce Canado-Tunisien est pourtant « tombé dans la marmite », dit-il. Entre un père syndicaliste et opposant à la dictature de Ben Ali, une mère française qui oscillait dans sa jeunesse entre le communisme et le marxisme-léninisme et un grand-père imam-travailleur social avant le titre dans des communautés pauvres, son « héritage génétique » pointait dans cette direction.

Il est « l’immigrant », « l’Arabe » ou carrément « l’Autre », mais se refuse à toute étiquette. Au contraire, il les décolle patiemment avec ses mots, au fil de ses rencontres. Entre la révolution tunisienne, le débat québécois sur la charte des valeurs et la lutte contre la radicalisation, ce « citoyen radical » autoproclamé a cofondé l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec (AMAL-Québec).

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a d’ailleurs reconnu son engagement la semaine dernière. À peine 15 ans après son arrivée sur le territoire, il figure ainsi parmi les 40 personnalités honorées pour leur défense et leur promotion de la Charte des droits et libertés du Québec, qui fête ses 40 ans.

Le néo-Québécois se décrit comme un radical de la citoyenneté québécoise. Le libellé n’est pas innocent : « Je ne crois pas qu’un ado soit attiré par la modération. Pour remplacer un discours radical, canaliser ce sentiment d’isolement, de frustration ou d’injustice, on ne peut que le remplacer par un autre discours radical. » En trois ans de travail dans les écoles et les mosquées, les bénévoles d’AMAL-Québec ont rejeté le désespoir et cette « auto-exclusion » du radicalisme grâce à des conférences sur le combat citoyen.

« Certains jeunes ont l’impression que les musulmans ne pourront jamais devenir des forces constructives », déplore M. Bouazzi. La société trouve trop souvent l’occasion de les réduire à leur religion. « Il faut s’assurer qu’ils aient des porte-voix, des mains qui se tendent pour le dialogue, même si le prix de la parole est excessivement cher à payer. Dans 15 ans, ce sera trop tard », s’emporte M. Bouazzi.

De la double identité à la citoyenneté radicale

Haroun Bouazzi se souvient lui aussi de ses premiers pas de militant, peu après son arrivée au Québec. Quelques jours après son atterrissage à Montréal, en 2000, il appelle sa mère pour lui dire à quel point il est « facile de s’y sentir chez soi ». Il a alors 21 ans et entame des études à l’École polytechnique, jusqu’à l’obtention d’un baccalauréat puis d’une maîtrise en génie informatique. Entre-temps, il décide de s’engager auprès d’Amnistie internationale, qui tente de faire libérer des blogueurs et des activistes des droits humains, dont un de ses amis pris dans l’étau dictatorial tunisien. En 2004, il adhère à l’Association pour les droits de la personne au Maghreb (ADPM), qui soutient le changement démocratique dans son pays d’origine.

La révolution tunisienne en 2010 décuple son « sens du devoir ». Un petit groupe de sept personnes se met à organiser des manifestations, à sensibiliser la société civile, à donner des entrevues aux médias. « Ce n’est pas compliqué, j’ai reçu une facture de téléphone de 40 pages ! Nous étions informés en avance même sur les dépêches de presse, ce qui fait que nous avons énormément gagné en crédibilité », relate l’homme aujourd’hui âgé de 36 ans.

Alors que plusieurs de ses concitoyens tunisiens craignent les représailles, c’est lui le porte-étendard du mouvement. Début 2011, un ancien camarade de lycée le contacte pour l’informer de menaces qui pèsent sur sa famille en Tunisie. Il n’a pas le temps d’avoir peur. De toute façon, son père, Ahmed Bouazzi, « sait prendre des risques tout seul », puisqu’il participe à l’opposition politique à Ben Ali.

Haroun Bouazzi mesure alors déjà pleinement le prix de la parole publique. « Je faisais face à une institution, les services secrets. Avec l’islamophobie, au contraire, c’est plus dangereux », distingue-t-il.

Les discours susceptibles d’attiser la haine ne sont pas que l’apanage des radios-poubelles ou d’internautes anonymes, rappelle-t-il. Le projet de charte des valeurs présenté par le Parti québécois (PQ) en septembre 2013 déclenche une vague qui le déstabilise. AMAL-Québec, « espoir » en arabe, est déjà fondée et l’équipe de Bernard Drainville, député qui porte le projet de loi, fait appel à lui.

« On constatait une réelle détresse des minorités. Des femmes nous appelaient après s’être fait cracher dessus par exemple. » Durant une réunion, son interlocutrice issue de l’équipe autour de Drainville éclate en sanglots devant ses constats. M. Bouazzi ne peut alors s’empêcher de penser que les politiciens « jouent avec le feu » tout en ayant conscience des conséquences potentielles.

L’association qu’il a cofondée en 2012 ne défend surtout pas une religion, doit-il sans cesse rappeler. Son combat est plutôt celui du vivre-ensemble, sa lecture s’inspire du féminisme dans son « analyse systémique », le racisme constitue sa cible générale : « Le principe est toujours le même, on prend un groupe, on l’essentialise, on lui colle une culture, qu’on infériorise, et là on est supérieur. Ça marche pour les femmes, les homosexuels, les juifs, etc. »

Certains jeunes ont l’impression que les musulmans ne pourront jamais devenir des forces constructives. Il faut s’assurer qu’ils aient des porte-voix, des mains qui se tendent pour le dialogue, même si le prix de la parole est excessivement cher à payer.

26 commentaires
  • François Desgroseilliers - Abonné 15 décembre 2015 03 h 30

    Qu'est-ce que la justice?

    Félicitation pour ce témoignagne sur ce militant des droits humains dit radical.
    Je crois aussi que le radicalisme nait d'un sentiment d'injustice, et la violence d'un sentiment qu'il n'y pas d'espoir que les choses peuvent changer.
    Donner de l'espoir par la mobilisation pour le respect des drotis humains, pour le respect des droits de la planéte est une bonne façon de canaliser cette soif de justice qui habite plus intensément certaines personnalités.
    Suffit d'avoir des dirigeants à l'écoute...Nous ne sommes pas un dictature, mais certaines idéologies politiques, comme les conservateurs sous Harper, ou les discorurs austères des libéraux peuvent donner l'impression de fermer les portes aux changements bénéfiques de notre société, qui sont les meilleurs remèdes au désespoir qui peut conduire à la violence...

    • Johanne St-Amour - Abonnée 16 décembre 2015 08 h 17

      Mais Haroun Bouazzi n'est-t-il pas ce militant qui a organisé une pétition pour ramasser des fonds afin d’aider l'Imam Hamza Chaoui, qui poursuivait M. Coderre pour 500,000 $?

      Cette même personne qui aurait été contre Charlie Hebdo et surtout contre les propos de Madame Fatima Houda-Pépin qui sonne les cloches d’alarme depuis plusieurs années sur l'intégrisme religieux?

      Un militant qui aurait mentionné lors d'une assemblée: ««La charia, c'est quelque chose de très large, vous comprenez. Il n'y en a pas une, il y a en a beaucoup. Il y en a autant qu'il peut y avoir d'interprétations. […] Il y a beaucoup de charias qui "cohabitent", si vous voulez, dans le monde musulman. On ne peut pas juste dire "Euh, la charia, c'est mal".»?

      http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/2015/04/h

    • Johanne St-Amour - Abonnée 16 décembre 2015 10 h 39

      Vérification faite, M. Bouazzi affirme qu'il n'a pas ramassé de fonds pour l'imam Hamza Chaoui. Il a par ailleurs tancé Denis Coderre:

      «L'Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec doute que la collecte de fonds de l'imam suscite un grand intérêt. Selon son coprésident, Haroun Bouazzi, les musulmans du Québec n'ont « pas beaucoup de sympathie envers cet imam ».

      Son organisation continue tout de même de dénoncer les propos tenus par le maire Coderre. Haroun Bouazzi estime qu'il a été irresponsable en associant Hamza Chaoui au groupe armé État islamique. « Un musulman n'est pas automatiquement terroriste s'il est désagréable. »

      Le maire Denis Coderre n'a pas voulu commenter.»
      http://ici.radio-canada.ca/regions/montreal/2015/0

    • Johanne St-Amour - Abonnée 17 décembre 2015 09 h 56

      Je suis perplexe lorsque M. Bouazzi dit s'inspirer de «l'analyse systémique» du féminisme. Lors d'une entrevue à Catherine Perrin le 18 février 2013, il disait que la révolution avait été l'objet d'un «hold-up par les féministes». Hold-up par les islamistes dit-il, mais aussi par les féministes.

      Citation: «qu'on ne s'est pas intéressé à ces gens-là qui étaient prêts à mourir parce qu'ils voulaient une vie digne et du travail et à la place, il y a eu un hold-up de leur révolution par, excusez-moi, des groupes féministes qui ont concentré toutes leurs énergies sur des revendications féministes qui n'étaient pas à l'époque un problème. Aujourd'hui, même le parti islamiste est sorti il y a plusieurs mois pour dire que la charia ne serait pas dans la constitution tunisienne.»

      Faïza Zouaoui Skandrani, féministe, aurait répondu que «dans la constitution de 59, il y avait une adhésion aux droits universels qui ont été supprimés du dernier projet de constitution. Ils ont introduit le droit à la vie, c'est-à-dire qui pourrait mettre en jeu la question de l'avortement et de la planification familiale. Ils n'ont pas voulu reconnaître l'égalité entre les époux. Ils n'ont pas voulu reconnaître l'égalité des droits politiques, économiques, sociaux, éducatifs et culturels parce que selon le rapporteur de l'assemblée constituante cela pourrait créer un scandale au niveau populaire. Nous avons fait une conférence l'année dernière, le 10 mars sur la charia et les droits de l'homme et les droits des femmes et nous avons fait tellement de bruit que Ranoush dû retirer le projet de la charia. Après on a relancé la question de la complémentarité homme-femme qui a été dénoncée avec une mobilisation extraordinaire le 13 août par l'ensemble des Tunisiens et des Tunisiennes.»

      Mme Skandrani affirme ensuite qu'elle n'est pas dans une association de femmes, mais bien une association mixte et qu'ils se battent pour une démocratie avant tout. »

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 15 décembre 2015 07 h 30

    Que voilà un vrai de vrai!

    C'est aussi mon idée que de dire qu'un raciste est celui qui s'invente un plus petit que lui afin d'éluder sa médiocrité prégnante.

    A titre de membre du conseil-d'administration de L'Accorderie du Granit,région tout
    autour du Lac Mégantic,je suggérerais à Haroun Bouazzi et à AMAL-Québec d'in-
    téresser ses membres à se joindrent à l'une des treize (13) Accorderies de notre
    Réseau d'entraide,ensemencé à la grandeur du Québec.Nous sommes une coo-
    pérative à but non lucratif et agissant dans les secteurs de l'action communautai
    re et de l'économie sociale afin de lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale

    Que voilà une belle façon d'intégration sociale que de se joindre à une organisation
    d'entraide!

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 07 h 40

    Ambiguïté

    Je ressens un très grand malaise à la lecture de cet article et au sujet de cet homme d'origine tunisienne que l'on décrit comme étant "radical"... provocation délibérée en jouant sur les mots. S'il se fait juger comme défendant principalement la cause des musulmans, ce ne peut être totalement sans fondement. Chacun prêche pour sa paroisse, dit-on, en bon québécois. Auparavant, les nouveaux venus savaient d'emblée que la pays d'accueil s'attendsit à ce qu'ils s'intègrent. Aujourd'hui, on s'attend à exactement le contraire. Quant aux mots "race", "racisme", ils ont été bannis du dictionnaire français... La question qui tue : pourquoi alors n'a-t-on banni par la même occasion les associations de lutte contre le racisme. Faut tout de même qu'il y ait une suite logique des choses, n'est-ce pas?

    Tant qu'on attribuera les comportements "racistes" et discriminatoires seulement aux "blancs", on fera totalement fausse route. Je suis québécoise, de race blanche et catholique. J'ai vécu parmi des immigrants non chrétiens toute ma vie. J'ai vécu beaucoup de racisme, de discrimination et d'innustice simplement par le fait de mes origines. Toute ma vie j'ai tout fait pour abattre les barrières de par et d'autre, et he puis vous dire que ces associations maintiennent les préjugés plutôt que de les abattre.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 15 décembre 2015 11 h 51

      Votre analyse me fait un peu penser à cette fameuse excuse, utilisée par les enfants dans la cours de récréation, qui excuse des comportements douteux par celui des autres. Le blâme est toujours à porter sur celui qui a commencé, celui qui a répliqué, ce n'est pas grave.
      La question alors, puérile peut-être, est : "Qui a commencé ?"
      Beaucoup plus intéressante serait la voie de la discussion rationnelle, de l'étude concrète des manifestations du racisme (tout racisme) dans notre société et des moyens que l'on a pour s'en rendre compte, et le combattre.
      Sans surprise, une bonne éducation citoyenne et humaniste est certainement un pilier très important, chose que je vois certainement chez M. Bouazzi.

    • Fernand Laberge - Abonné 15 décembre 2015 13 h 30

      Radical : se dit d'un groupement, d'une attitude politiques visant à des transformations profondes de la société. «Toute ma vie j'ai tout fait pour abattre les barrières de part et d'autre» - c'est cela le radicalisme
      À ne pas confondre avec...
      Terrorisme : mouvement politique qui emploie systématiquement la violence, destinée à déstabiliser un Etat. Que ce mouvement prenne prétexte d'une religion, d'une théorie raciale ou économique il vise d'abord la prise du pouvoir à l'avantage d'un certain groupe.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 13 h 32

      C'est votre point de vue, monsieur Garceau, qui est puérile et moralisateur. Vous ne connaissez rien de mon expérience de vie, votre réaction est prompte et dépourvue de fondement.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 13 h 34

      Et, en passant, mon expérience sur le terrain et près de 35 ans de ma vie valent cent fois plus que toutes vos études dans votre tour d'ivoire.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 14 h 08

      Autre précision : j'ai travaillé (bénévolement) dans un camp de réfugiés en Inde, j'ai marié un réfugié politique, je me suis immergé dans une autre culture et langue dès le début de ma vie d'adulte, et j'ai passé ma vie à défaire les préjugés de part et d'autre, entre deux immenses solitudes : l'Ouest et l'Est, pour faire court.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 14 h 58

      Merci de ces éclaircissements, M. Laberge. Pour moi, le radicalisme est de brandir comme un étendard "l'islamophobie" et le "racisme" et d'exiger des accommodements "raisonnables" (privilèges). Ce sont loin d'être les ingrédients encourageant le dialogue.

      L'islamophobie est un mot de la novlangue visant à taire toute critique contre l'islam.

      Quant au racisme et à la xénophobie, il existe dans toutes les cultures, religions, races (oui, races) et ethnies. Allez voir du côté de la Chine, de la Russie, de l'Inde, du Brésil, du Moyen-Orient et de l'Afrique. Le premier pas est d'accepter cette réalité anthropologique, puis de changer les mentalités par l'éducation, et de cesser à tout prix de stigmatiser les pays occidentaux, ou l'Homme Blanc, comme étant le seul à pouvoir faire preuve de racisme, ce qui est totalement faux. Le racisme et la xénophobie se manifestent partout dans le monde et prennent des proportions monstrueuses, comme les génocides en Asie et en Afrique, et les persécutions des Chrétiens d'Orient et les Yazidis, pour ne nommer que quelques exemples.

      Le vivre-ensemble est une utopie, mais si nous y sommes contraints, nous devons cesser de croire qu'on y parviendra sans idée de nation, de pays d'accueil, de frontières, de lois communes sans compromis... et en croyant que toutes les libertés individuelles peuvent être promues en même temps, dans un même espace commun... Comme dit le proverbe, "La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres." À moins que l'on soit anarchiste, la liberté à tout crû ne tient pas route.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 15 décembre 2015 15 h 19

      Je veux bien croire que mes raisonnements ne sont que tour d'Ivoire et que vous avez une bonne connaissance de terrain, mais reformulons un peu.
      Vous avez une expérience de racisme, en tant que "québécoise, blanche et catholique". Ce fait est attesté par vous.
      Plusieurs arabes ou mulsulmans ont une expérience de racisme. Ce fait est attesté par plusieurs témoignages.
      Conclusion : le racisme, quel qu'il soit, en général, doit être combattu, par un discours invitant à plus de rationalité et de moralité. Il faudrait éviter la discrimination autant que la haine.
      Êtes-vous contre la conclusion ?
      Vous pensez sérieusement que M. Bouazzi n'est pas désolé du racisme qui pourrait, selon votre expérience de terrain, arriver aux québécois purs laines ?
      Ceci dit, il est facile de penser qu'il y a égalité de racisme part et d'autre, mais faute de données et parce que je ne peux pas généraliser à partir de votre seule expérience subjective c'est une thèse qui reste à prouver justement sur le terrain. Sortez-moi des études s'il le faut, je suis bien ouvert à être étonné.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 15 décembre 2015 19 h 31

      Bonsoir monsieur Garceau, votre conclusion rejoint parfaitement le fond de ma pensée. Merci de ces précisions. Cela étant dit, j'ai peine à accepter l'approche de la plupart de ces associations communautaristes et antiracistes, pour ne parler que des organismes non gouvernementaux.

  • Fernand Laberge - Abonné 15 décembre 2015 07 h 47

    Sagesse appréciable !

    En effet, l'emploi (en fait, les grands intérêts commerciaux) et la sécurité (nécessaire mais liberticide et bien peu pro-active) ne sont guère canaliseurs de passions. D'autant qu'ils impliquent un étrange respect envers des régimes peu recommandables comme jadis la Tunisie ou l'Arabie Saoudite aujourd'hui. Quelle alternative reste-t-il aux chercheurs de sens aux repères fragiles ?

    Eleanor Roosevelt avait autrefois proposé une réponse : la Déclaration universelle des droits de l'homme. Comme pour l'ONU en général, son efficacité serait aléatoire mais sa promotion convaincue et sincère par les autorités internationales constituerait une alternative plus emballante, le conditionnel se justifiant ici par l'apathie, voire le mépris international actuel.

    Et si le Canada «partait le bal» ? Et qui dit que la grande finance, la très ambiguë Mme Lagarde en tête, n'y trouverait pas son meilleur intérêt ? Après tout, il semble qu'on puisse être un radical en soulier vernis !

  • Mario Labelle - Inscrit 15 décembre 2015 08 h 19

    Merci à Mme Champagne et à M. Bouazzi.

    Je savais qu'il y en avait... Mais de le lire et de voir UN visage "plus clair". TRÈS intéressant.

    Je sais qu'une grande majorité de musulmans ne sont pas d'accord avec certains extremistes. Il y a, de plus, plein d'autres problèmes auquels ils font face.

    Ce n'est pas une découverte pour moi, mais de pouvoir lire une "autre" réalité, ça nous porte à réfléchir encore un peu plus.