Dans les entrailles de l’accueil des réfugiés

Le Centre de bienvenue des réfugiés est situé dans le parc industriel de Saint-Laurent.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Centre de bienvenue des réfugiés est situé dans le parc industriel de Saint-Laurent.

Ce sont trois bâtiments anonymes. Un à l’aéroport Montréal-Trudeau. Les deux autres sur un boulevard industriel situé tout près de là. À l’intérieur, une véritable machine à accueillir des réfugiés : moins de quatre heures après avoir atterri dans la métropole, les milliers de personnes qui arriveront de la Syrie auront un numéro d’assurance sociale, une carte temporaire d’assurance maladie et le certificat de sélection confirmant qu’ils deviennent résidents permanents.

Ah oui, les enfants recevront aussi un ourson en peluche. On donnera une boîte de couches et du lait maternisé pour les bébés. Et tout le monde sortira avec un manteau, des bottes, une tuque et des mitaines neuves.

« C’est la plus grande crise de réfugiés en une génération. Nous sommes prêts à y faire face », dit Vito Vassallo, directeur des opérations à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Le Devoir et d’autres médias ont pu visiter les installations d’accueil des réfugiés à Montréal, mardi. La bureaucratie canadienne est fin prête à accueillir au Québec — d’ici au 1er mars 2016 — 6200 Syriens qui ont fui la guerre (1050 sont déjà arrivés en 2015).

Ces familles, ces enfants, ces vieillards vivent depuis des mois dans des tentes en Jordanie, en Turquie et au Liban. Ils ont laissé derrière eux tout ce qu’ils possédaient, sauf ce qui tient dans une valise. Ils seront épuisés.

« Notre première préoccupation, c’est de les rassurer, de leur montrer qu’ils sont ici dans un endroit sûr », dit Pascal Mathieu, vice-président de la Croix-Rouge au Québec.

Au Centre de bienvenue des réfugiés, aménagé dans un entrepôt de l’arrondissement Saint-Laurent, une pièce offre des ordinateurs et des téléphones aux réfugiés. Pour qu’ils puissent jaser avec leurs proches restés au Moyen-Orient.

Bienvenue au Canada

Toutes les formalités d’arrivée seront réglées en moins de quatre heures. Les réfugiés seront accueillis dans un bâtiment non accessible au public, sur le tarmac de l’aéroport Trudeau. Une trentaine d’interprètes de langue arabe seront sur place.

Au rez-de-chaussée, des agents vérifieront les passeports et autres documents de voyage de 120 personnes à la fois. Ils feront aussi les vérifications de sécurité dans les bases de données canadiennes et de pays alliés. Ils prendront les empreintes digitales des nouveaux arrivants.

Le passé des candidats aura déjà été scruté par du personnel canadien et des Nations unies, dans les camps de réfugiés, pour repérer les criminels et les terroristes, explique Vito Vassallo. À l’extérieur du bâtiment, tous les bagages passeront dans un appareil à rayons X mobile.

Une équipe de l’Agence de santé publique du Canada sera à l’affût de voyageurs montrant des signes d’infection. Tous les réfugiés auront déjà eu une radiographie des poumons et une série d’examens de santé dans les camps de réfugiés.

« Nous chercherons à déterminer si les enfants ont des maladies contagieuses comme la rougeole, par exemple. Il est difficile de respecter les programmes de vaccination dans un pays en guerre », dit Alain Boucard, responsable de la quarantaine à l’Agence de santé publique du Canada.

Tous les réfugiés doivent voir un médecin dans les 72 heures suivant leur arrivée au pays. Des ententes ont été prises avec des cliniques et trois hôpitaux montréalais. « C’est pour assurer un suivi plus personnalisé pour des problèmes de santé ou pour des traumatismes psychologiques », dit Geneviève Guilbault, de l’Organisation de la sécurité civile du Québec. Les enfants qui ont besoin de vaccins, par exemple, seront vaccinés.

Au sous-sol du bâtiment, une aire d’attente offre une salle d’allaitement et des tables de jeu pour les enfants. Des goûters seront aussi offerts.

Comment devenir résident canadien

Après ce comité d’accueil à l’aéroport, les réfugiés prendront une navette qui les emmènera au Centre de bienvenue, sur la montée de Liesse, à une quinzaine de minutes de là. L’endroit a l’air d’un banal entrepôt. Mais il se trouve sous surveillance et interdit au public. L’endroit abritait jusqu’au mois dernier des milliers de documents de Bibliothèque et Archives Canada.

L’odeur du tapis neuf nous monte au nez en entrant dans l’entrepôt. L’endroit est propre. Vaste. Bien éclairé. Des affiches en arabe, en français et en anglais donnent les directives : les toilettes sont par ici. La cuisinette, par là.

Tous les ministères sont ici pour livrer aux réfugiés les documents qui leur ouvriront la porte d’une vie meilleure au Canada : numéro d’assurance maladie (qui leur garantira soins de santé et médicaments gratuits), numéro d’assurance sociale, certificat de sélection de résident permanent.

Des milliers de réfugiés transiteront par l’aéroport Trudeau dans les prochaines semaines : les 25 000 personnes accueillies au Canada atterriront toutes à Montréal ou à Toronto. Elles se rendront ensuite chez leur famille d’accueil ou dans des centres d’hébergement à Montréal, à Québec, dans d’autres villes québécoises ou ailleurs au pays.

Les autorités s’attendent à ce que le premier vol nolisé en provenance des camps de réfugiés arrive à Montréal samedi. Le moment officiel de l’arrivée doit être confirmé dans les prochains jours.

678 millions
Coût sur six ans prévu par Ottawa pour accueillir les réfugiés syriens.
7300
Nombre de réfugiés syriens qui viendront au Québec d’ici mars prochain; 1050 sont déjà arrivés depuis le 1er janvier dernier.
5 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 9 décembre 2015 06 h 09

    IRCC



    IRCC = Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

    IRCC a-t-il une page web?

    Je peux suivre les progrès réalisés en allant à une page web de CIC (Citoyenneté et Immigration Canada):

    http://www.cic.gc.ca/francais/refugies/bienvenue/i

  • Dominique Roy - Abonnée 9 décembre 2015 08 h 03

    Je n'en peux plus d'entendre les média nous raconter combien de rouleau de papier de toilette on a mis à la disposition des réfugiés, les beaux toutous qui attendent les enfants, etc. On est donc une société généreuse. Un angélisme qui fait une si belle image à la télé. LoBo

    • Gilles Théberge - Abonné 9 décembre 2015 09 h 39

      Oui et pendant ce temps on coupe les servicesma

    • Gilles Théberge - Abonné 9 décembre 2015 09 h 45

      Oui et pendant ce temps, on coupe les services à Sainte Justine... Allez comprendre quelque chose dans ce fourbl.

      Peu-être qui sont besoin de travailleur sociaux et de psychologues, pour travailler auprès des réfugiés....

      Je dis ça de même!

  • Yves Corbeil - Inscrit 9 décembre 2015 17 h 27

    Showtime

    Il y a pas juste dans le sport qu'on fait de la publicité qui fait vomir sur les dépenses en salaire. Ici on se vante avant d'avoir reçu ces gens qui vont aboutir comme nous, baba devant toutes ces mascarades sur fond de coupures et d'austérités avec subventions aux compagnies qui commanditent le cirque médiatique.