Les citoyens à l’origine de collectes pour les réfugiés sont débordés par l’ampleur de la réponse

De l’idée à la formation d’une page Facebook, le pas était simple et rapide. Des citoyens à l’origine de l’organisation de collectes ou de groupes de soutien à l’accueil des réfugiés sont maintenant tout simplement dépassés par l’ampleur de la réponse.

Les messages laissés sur leurs babillards laissent l’impression que ce sont les donateurs qui appellent à l’aide : « SVP, dites-moi ce que je peux apporter », répété de commentaire en commentaire, ou d’autres, qui demandent sur un ton impératif d’être aiguillés vers des points de collecte.

« J’essaie de ne pas perdre le fil, mais c’est complètement fou, j’ai créé un monstre en laine », dit celle qui a lancé l’initiative « 25 000 tuques » pour inciter à tricoter pour les réfugiés.

Elle s’appelle Danielle Létourneau et, comme les autres instigateurs de collectes, elle se montre réticente à dévoiler son identité, ne souhaitant pas être mise en avant. Surtout, les personnes derrière ces mouvements spontanés redoutent le déluge de personnes et de dons.

« On n’est pas des experts, on voulait trouver une façon de s’impliquer avec le réseau et les ressources à notre disposition », confie Vincent Gagnon. Il a « prêté » sa boutique Meuble2go pour recevoir des vêtements d’hiver, des fournitures scolaires et des produits d’hygiène corporelle, qu’il transporte avec un camion cube vers un entrepôt.

Mais l’espace a rapidement manqué. L’initiative « Opération Paniers de bienvenue », lancée il y a un peu plus d’une semaine, a dû interrompre ses activités de réception et de triage. « C’est hallucinant, on est presque 5000 sur la page maintenant », dit l’une des organisatrices.

Pour toutes ces personnes bien intentionnées, le geste dépasse le simple fait de tenter de répondre à un besoin matériel. Coopération Rosemont s’attache d’ailleurs plutôt à aider les réfugiés à « se coudre dans le tissu social », dit Anaïs Détolle, du comité informel. « On cherche à mettre les gens en contact. Le choc de l’arrivée, c’est aussi quand les voisins ne nous parlent pas. On a envie que l’enfer s’arrête ici », dit-elle. Certains offrent d’inviter les familles à souper ou de les amener faire des activités, comme patiner par exemple.

« Avec une tuque faite en particulier pour eux, ils ne sont plus une masse informe. Chacune d’elles est comme une signature sur une pétition qui montre qu’on a une manière humaine de répondre », souhaite quant à elle Danielle Létourneau.