Lino Zambito évite la prison

L'ex-entrepreneur Lino Zambito lors de son témoignage à la commission Charbonneau en novembre 2012
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ex-entrepreneur Lino Zambito lors de son témoignage à la commission Charbonneau en novembre 2012

L’ex-entrepreneur en construction Lino Zambito a écopé mardi d’une condamnation de deux ans moins un jour à purger dans la collectivité, une peine qu’il peut en partie attribuer à la « prise de conscience » qu’il a démontrée lors de son passage à la commission Charbonneau.

La décision, rendue au palais de justice de Saint-Jérôme par le juge Paul Chevalier de la Cour du Québec, correspond en tous points à la proposition que les deux parties ont formulée en septembre. Elle implique que Lino Zambito, qui s’est reconnu coupable en mai de six chefs d’accusation de complot, fraude, corruption et intimidation, soit assigné à domicile pendant deux ans.

L’ex-vice-président de Constructions Infrabec — qui a comploté avec l’ex-mairesse de Boisbriand, Sylvie St-Jean, pour obtenir illégalement des contrats municipaux — devra aussi compléter 240 heures de travaux communautaires, s’astreindre à une probation de trois ans et payer une amende de 600 $.

« Nous sommes très satisfaits, a réagi l’avocat de Lino Zambito, Conrad Lord, en entrevue au Devoir. Mais la sentence n’est pas une partie de plaisir non plus. C’est une peine dure, puisqu’il est assigné à la maison et doit respecter des conditions strictes. »

 

Passage remarqué à la commission Charbonneau

Le juge Chevalier a noté une série de circonstances atténuantes dans sa décision, notamment l’admission de culpabilité de l’accusé. « Il a non seulement plaidé coupable au procès, mais il a publiquement, lors des audiences de la commission Charbonneau, fait état en toute transparence non seulement des crimes qu’ils avaient commis, mais de tout le système de collusion et de corruption qui existait entre plusieurs milieux municipaux et une partie de l’industrie de la construction », a souligné le magistrat.

Lino Zambito s’est aussi exposé à des menaces, a souffert des conséquences du stress et a vu son couple éclater dans la tourmente causée par ses révélations, a observé le juge, qui a estimé que l’accusé « démontre qu’il s’est pris en main et veut être actif pour la société ».

L’entrepreneur déchu, arrêté en 2011 par l’Unité permanente anticorruption, s’est montré satisfait de tourner la page sur le « dossier Boisbriand ».

« Je suis soulagé, mes enfants vont être soulagés et on va pouvoir passer à autre chose », a-t-il déclaré aux médias à sa sortie de l’audience.

Le passage de Lino Zambito à la commission Charbonneau a été révélateur, tant pour le public que pour les enquêteurs, qui y ont découvert le fonctionnement des cartels et autres groupes impliqués dans un vaste système de collusion et de corruption dans Montréal et les environs. L’entrepreneur déchu a aussi retenu l’attention quand il a révélé avoir versé des ristournes équivalant à 3 % de la valeur de ses contrats à la mafia afin qu’elle les remette au parti de l’ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Son père, Giuseppe Zambito, a aussi été fixé sur son sort mardi. L’homme de 76 ans, dont la santé est « plus que fragile », comme l’a noté le juge Chevalier, a reçu une absolution inconditionnelle pour avoir intimidé un concurrent d’Infrabec en 2009, toujours à Boisbriand.

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