Il faudra plus qu’une enquête, estime Fannie Lafontaine

Fannie Lafontaine, la professeure de droit choisie par le gouvernement pour s’assurer de l’impartialité de l’enquête conduite par les policiers de Montréal vis-à-vis de leurs collègues de la Sûreté du Québec de Val-d’Or.
Photo: UQAM Fannie Lafontaine, la professeure de droit choisie par le gouvernement pour s’assurer de l’impartialité de l’enquête conduite par les policiers de Montréal vis-à-vis de leurs collègues de la Sûreté du Québec de Val-d’Or.

« Il faut se garder de tout confondre. » Fannie Lafontaine, la professeure de droit choisie par le gouvernement pour s’assurer de l’impartialité de l’enquête conduite par les policiers de Montréal vis-à-vis de leurs collègues de la Sûreté du Québec de Val-d’Or, insiste pour dire qu’on se trouve devant un problème considérable, mais que l’objet dont on la charge est circonscrit.

« Le problème est systémique. La commission Vérité et réconciliation, notamment, l’a déjà montré. C’est gigantesque. Mais ce dont on parle ici, c’est une enquête criminelle sur les agissements de policiers. » Elle insiste ainsi pour dire qu’une distinction s’impose entre ce processus précis et la situation globale. « Cette enquête ne va pas résoudre tous les problèmes. Mais elle pose quand même une question cruciale. »

Quel est le plus grand défi dans les circonstances ? « Ce sont les attentes du public. […] Ce sont des allégations très sérieuses. L’enquête est nécessaire pour restaurer la crédibilité que l’on accorde à l’État dans ses rapports avec les citoyens. Mais cette enquête n’est certainement pas la seule chose qui doit être faite dans la situation plus générale des autochtones, au Québec comme au Canada. » Me Lafontaine croit néanmoins que ce travail d’enquête pourrait constituer des précédents intéressants pour l’avenir et qu’en conséquence, ce moment de l’histoire est très important.

Il est primordial « qu’on s’assure que l’enquête soit crédible et impartiale ». Elle cite plusieurs cas internationaux où la fragilité des témoins et le statut des personnes mises en cause nécessitent des approches particulières.

« On m’a assuré que je peux m’entourer de gens afin que le travail soit bien fait. Pour moi, ça veut dire un conseiller autochtone qui va m’appuyer dans les particularités de cette affaire. » Qui l’aidera ? « On est à discuter de ça. »

« Le mandat est clair, ajoute-t-elle. Il s’agit d’observer l’intégrité et l’impartialité de l’enquête. Pour des raisons qui ne sont pas de mon ressort, ce n’est pas un bureau d’enquête indépendant qui fait le travail. Je dois m’assurer de la célérité et de la qualité du travail. Il y a des manières de faire à respecter, selon un protocole. Je dois établir ce protocole, me rendre sur les lieux. Mais je ne fais pas l’enquête à la place du SPVM. Je n’aurai pas de rencontre avec les victimes alléguées ou les suspects. »

4 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 6 novembre 2015 06 h 06

    Bravo!

    "Mais ce dont on parle ici, c’est une enquête criminelle sur les agissements de policiers. » :

    Bravo! La dame semble avoir saisi la teneur de l'affaire, contrairement à l'Église qui elle s'acharne à considérer les cas d'abus d'enfants comme "une affaire interne"...: Délit = enquête = procès ou non = condamnation ou acquittement = peine le cas échéant.

    Quand "ÇA" sera réglé à la face du monde et de TOUS ceux en position de pouvoir, certains comportements et attitudes envers les communautés et notamment les plus faibles au sein de celles-ci, se mettront peut-être à changer...

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 6 novembre 2015 08 h 01

    Comme d'habbitude

    le gouv.Couillard se defile,se lave les mains a la Ponce Pilate,démntre son manque flagrant de colonne vertébrale.Que pourra faire Me Lafontaine si elle ne peut rencontrer les victimes ?On aura encore une enquete baclée de la police par la police ,simulacre de justice dans le style Comm.Charbonneau.Les libéraux ,ils l'ont l'affaire,seulement le bien paraitre .Toujours la fourberie. J-P.Grisé

  • Yves Corbeil - Inscrit 6 novembre 2015 11 h 33

    Ça ne me rassure pas dans ce cas là

    Vous dites que ça prend des protocoles et que vous allez vous assurez qu'il y aura des protocoles. Mais que l'enquête sera conduite par le SPVM et que vous n'aurez pas droit d'y participé.

    Donc la police qui enquête sur la police, avec votre nouveau protocole, avant aussi il y avait des protocoles donc rien changera car comment savoir si les protocoles sont suivi quand on est pas sur l'enquête??

    On leur faisaient pas confiance avec leurs protocoles, ce sera la même choses avec vos protocoles.

    C'est une enquête indépendante que ça prends pas un menu pour la police.

    Et oui tout le monde sait que le problème des Premières Nations est endémique et que l'enquête de Ottawa devrait être très longue et ardue.

  • Catherine-Andrée Bouchard - Inscrite 6 novembre 2015 17 h 24

    Un an de retard en plus grâce à la perspicacité du CSF!

    Il n'y a sûrement pas que les flics qui voient moins de vice a agresser une Autochtone au lieu d'une blanche. C'est carrément nazi et ça me répugne au plus haut point!

    Mais ce qui me choque le plus, c'est qu'il y a environ un an, le CSF a sorti une étude selon laquelle les cas d'agressions sexuelles étaient en baisse partout dans la province sauf dans le nord.

    Plutôt que de déduire de cette étude que les Autochtones sont beaucoup plus banalement abusées que les blanches par les prédateurs sexuels, et chercher à contrer cette mentalité inhumaine, le CSF avait conclu que nos petits hommes devenaient des pervers lorsque mis en vase clos, sans mentionner que le gros du problème est la reconnaissance des Femmes à Autochtones au sein de notre société.

    J'avais alors d'abord émis un commentaire un peu trop sincère qui fut rejeté car je traitais la fastidieuse étude du CSF de " chiffon": un peu d'égard pour Rambo Gauthier pis sa gang quand même! et on m'avait au final laissé publier un avis beaucoup plus élégant qui blâmait tout de même sévèrement le CSF pour éluder carrément la situation des Femmes Autochtones qui aurait du être le noyau de leur étude, plutôt que de prétendre niaisement que par nature les Hommes, s'ils sont Majoritaires et isolés, deviendront des criminels sexuels. N'importe quoi encore pour démonismer les Hommes!

    Pendant que les Femmes Autochtones continuent d'être la cible de choix pour les prédateurs, qui comme on l'a finalement constaté, étaient loin d'être nos gars de la construction isolés en vase clos comme le concluait l'étude que j'ai avec effronterie mais combien de raisons traitée de "chiffon".

    Si le CSF m'avait lue et écoutée, même si je suis une Femme Complice, une Terrible Antagoniste, on aurait débuté une longue enquête sur la situation des Femmes Autochtones depuis au moins 1 an environ.

    Quand on dit ne pas savoir interpréter des statistiques...

    CSF, prochaine fois que vous avez des chiffres à analyser, je suis la!