Sauvetage de l'industrie des courses de chevaux - Séguin veut bien miser sur les appareils de loterie vidéo

Québec - Le ministre des Finances du Québec, Yves Séguin, est prêt à sauver l'industrie des courses de chevaux au Québec en permettant aux hippodromes d'abriter un plus grand nombre d'appareils de loterie vidéo.

C'est ce que Yves Séguin a confié au Devoir avant de rencontrer les représentants de l'industrie, dont Denis Gauthier, président de la Société nationale du cheval de course (SONACC), la société sans but lucratif qui exploite les quatre hippodromes au Québec, soit à Montréal, à Gatineau, à Trois-Rivières et à Québec. «Nous pourrions faire converger deux objectifs: aider l'industrie des chevaux et assainir l'offre de vidéopokers», a fait valoir M. Séguin.

À l'heure actuelle, les hippodromes, qui éprouvent des difficultés financières, abritent 430 appareils de loterie vidéo alors que la SONACC en réclame un total de 2000. «C'est important de soutenir cette industrie», estime M. Séguin. L'industrie des courses de chevaux emploie 3500 personnes au Québec, principalement en région.

Grâce à ces appareils, les hippodromes encaisseraient de 25 à 30 millions par année de plus en commissions versées par Loto-Québec. Ce sont les petits bars qui feraient les frais de l'opération: la société d'État leur retirerait les appareils pour les céder aux hippodromes. «Concentrer le jeu dans un plus petit nombre d'établissements est un élément de solution» pour diminuer le jeu pathologique, estime M. Séguin.

C'est à Loto-Québec de déterminer combien d'appareils seront retirés des bars pour être installés dans les hippodromes, a indiqué le ministre. À l'automne, M. Séguin avait demandé à la société d'État de revoir l'ensemble de son plan d'affaires, une revue qui doit être achevée dans un mois et demi à deux mois, a précisé le porte-parole de Loto-Québec, Jean-Pierre Roy.

Rappelons qu'en novembre 2002, Loto-Québec, alors dirigée par Gaétan Frigon, avait proposé de transférer 1570 appareils aux hippodromes pour un total de 2000. De plus, le plan Frigon prévoyait de réduire de 14 300 à 12 500 le nombre d'appareils de loterie vidéo au Québec en vertu d'un programme de retrait obligatoire accompagné d'une indemnité équivalant à une année de commission.

Devant le tollé que le projet de Loto-Québec a soulevé chez les tenanciers de bars, la ministre des Finances de l'époque, Pauline Marois, avait fait marche arrière pour ne conserver qu'une mesure de retrait volontaire qui n'a rien donné. Loto-Québec exploite toujours 14 300 appareils de loterie vidéo.

Outre les représentants de la

SONACC, M. Séguin devait rencontrer, hier à Montréal, l'homme d'affaires Lucien Rémillard, du groupe Remstar, qui cherche à acquérir les hippodromes, ainsi que le groupe Magna, qui exploite des hippodromes en Ontario et en Californie.

Une OSBL comme la SONACC favorise les gens de chevaux, a soutenu son président, Denis Gauthier. Lors de sa rencontre avec le ministre, M. Gauthier était accompagné de Raymond Lemay, de Quebecor, qui souhaite lancer un «Canal Cheval».