Le Québec à l'étude à Plattsburgh

L'Université de Plattsburgh lancera dans deux semaines un institut entièrement voué à l'étude du Québec, une première aux États-Unis.

Dès septembre prochain, les étudiants de premier cycle auront accès à un premier cours d'introduction sur le Québec. On y abordera différents thèmes comme le nationalisme et les Franco-Américains. Ce premier élément du programme à développer en vue de créer une mineure (l'équivalent d'une année d'études) enthousiasme l'historien montréalais Donald Cuccioletta qui dirigera l'Institut des études québécoises.

«On vient de réaliser que le Québec, en lui-même, est une matière importante à étudier et à développer aux États-Unis. D'ailleurs, mon but c'est de créer un réseau à travers les universités américaines, faire de l'Institut à Plattsburgh un pôle de référence. Actuellement, la matière enseignée aux États-Unis sur le Québec se fait actuellement en vase clos; les professeurs sont souvent isolés», explique le professeur Cuccioletta.

Il existe une dizaine de centres d'études canadiennes dans le réseau universitaire américain. On retrouve également de façon isolée, des cours qui touchent principalement la littérature.

«Aucune université accorde une attention particulière au Québec. La proximité du Québec à Plattsburgh a fait surgir l'idée d'un institut sur le Québec. En plus, si on regarde objectivement ce que fait le Centre d'études canadiennes depuis trente ans à Plattsburgh, il travaille surtout sur le Québec», affirme M. Cuccioletta.

Ce dernier qui a enseigné l'histoire culturelle et la littérature américaine à l'UQAM pendant plus de douze ans, est très actif sur les questions communes au Québec et aux États-Unis. Il membre de l'Observatoire sur les États-Unis à la Chaire d'études Raoul-Dandurand, participe annuellement au symposium d'hiver sur le Québec et au séminaire d'été sur le Québec qui s'adressent aux professeurs des États-Unis. M. Cuccioletta organise aussi tous les deux ans un symposium international sur des questions québécoises. Le prochain qui se déroulera en septembre, abordera le thème des nations sans État.

De la même façon, le directeur souhaite ne pas limiter l'Institut à la vie académique. Il sera donc appelé à promouvoir le Québec en offrant un regard dynamique de la réalité québécoise, moins folklorique que celui qui est actuellement véhiculé, juge M. Cuccioletta. «Je suis un peu tanné de Maria Chapdelaine et des fours à pain. Il faut aller beaucoup plus loin que le folklore; le Québec est un peuple moderne», dit-il.

Parallèlement aux cours qui seront offerts, l'Institut a créé un groupe de recherche sur les relations entre le Québec et la Nouvelle-Angleterre. L'équipe dirigée par Donald Cuccioletta travaillera en collaboration avec l'université française de Valenciennes sur l'idée des régions socio-économiques qui se développent par-delà les frontières.

Pour ce qui est du financement de ce nouvel institut, il proviendra pour l'instant du Centre d'études canadiennes auquel participe le gouvernement du Canada. Le gouvernement du Québec, l'État de New York et différentes entreprises québécoises installées à Plattsburgh, dont Bombardier, sont sollicités.