Le Japon condamne le boeuf canadien et américain

Tokyo — Une équipe d'enquêteurs japonais qui s'est rendue aux États-Unis pour étudier le seul cas connu d'une vache atteinte de la maladie de la vache folle dans ce pays conclut que ni le boeuf américain ni le boeuf canadien sont sécuritaires à 100 %.

D'autre part, le département américain de l'Agriculture a fait savoir hier qu'il avait retrouvé 23 des 81 animaux importés du Canada qui accompagnaient la vache atteinte de la maladie.

Principal consommateur dans le monde de boeuf américain, le Japon a fermé sa frontière aux produits de boeuf américains le mois dernier après l'annonce de la découverte de la vache atteinte d'encéphalopathie spongiforme bovine dans l'État de Washington. Le Japon avait déjà interdit les importations de boeuf canadien après la découverte d'un cas de maladie de la vache folle, le 20 mai dernier, en Alberta.

«Nous n'avons aucune garantie qu'aucun autre cas d'ESB ne sera découvert aux États-Unis», affirment les cinq enquêteurs japonais dans leur rapport.

Le rapport souligne par ailleurs les liens étroits qui existent entre le Canada et les États-Unis en matière d'élevage et de production de boeuf, bien que les Américains aient imposé leur propre embargo sur le boeuf canadien après la découverte du cas albertain, l'année dernière.

Les scientifiques croient que la consommation de boeuf contaminé à l'ESB peut favoriser l'apparition d'une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob chez l'homme. Certains chercheurs rapportaient même en fin de semaine qu'elle pourrait causer des cas classiques de la maladie de Creutzfeldt-Jacob, ce qui pourrait vouloir dire que plusieurs personnes pourraient être infectées sans le savoir, puisque la forme classique n'est décelée qu'après l'âge de 55 ans. Quoi qu'il en soit, la variante de la maladie a déjà fait 143 morts en Grande-Bretagne depuis les années 1980.

Le Japon, qui achetait pour 1,3 milliard $ US de boeuf nord-américain chaque année, et dont l'industrie locale est elle-même affectée par l'ESB, tente de s'approvisionner en Australie et en Nouvelle-Zélande, où aucun cas de maladie de vache folle n'a encore été décelé.

Essentiellement, le Japon, qui teste les 1,3 million d'animaux abattus sur son territoire chaque année pour la présence d'ESB, voudrait que les pays exportateurs en fasse autant.

Les autorités canadiennes ont déjà annoncé une augmentation des tests qui vont passer de 8000 à 30 000 par année d'ici cinq ans.