Les Québécois se sentent plus en sécurité que les autres Canadiens

Les Québécois et les Canadiens ont une perception fort différente du degré de sécurité qui prévaut au pays.

Un sondage Léger marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, révèle en effet que 42 % des Canadiens estiment que le pays est «un peu», voire «beaucoup» moins sécuritaire qu'il y a 10 ans.

La proportion de citoyens qui sentent un tel abaissement du sentiment de sécurité du Canada atteint 50 % en Colombie-Britannique, 52 % en Alberta, voire 53 % dans les Prairies (les réponses «un peu» et «beaucoup» sont additionnées).

Tout à l'opposé, les Québécois ne semblent pas s'inquiéter, puisque seulement 21 % d'entre eux perçoivent le Canada comme moins sécuritaire qu'il y a 10 ans. Ce n'est toutefois pas qu'ils sentent le Canada plus sécuritaire, c'est qu'ils ne voient pas de changement par rapport à il y a 10 ans.

En entrevue, Stéphane Roussel, professeur au Département de sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique étrangère et politique de défense canadienne, rappelle qu'à l'époque de la guerre en Irak aussi, les Québécois et les Canadiens pensaient différemment, mais avec des écarts moins marqués.

M. Roussel avance une explication, basée surtout sur la source d'information des Québécois et des Canadiens. «Les anglophones sont plus perméables aux informations en provenance des États-Unis» que les Québécois, majoritairement francophones. Or, aux États-Unis, les médias font quotidiennement écho aux alertes orange, aux menaces d'attentats, au terrorisme, aux mesures de sécurité accrue dans les aéroports.

Quant à savoir pourquoi quatre ou cinq Canadiens sur 10 — selon la province — pensent tout de même que le Canada est moins sécuritaire qu'il y a 10 ans, malgré toutes les mesures de sécurité qui ont été implantées, M. Roussel croit que «c'est l'effet du 11 septembre». «Ce que le 11 septembre a montré, c'est que l'Amérique du Nord n'est plus un sanctuaire, que les cibles sont ouvertement des civils, des installations civiles. Mettez ça ensemble et c'est certain que le niveau d'insécurité [des gens] a augmenté», explique M. Roussel.

Le sondage a été réalisé auprès de 1503 répondants adultes, du 20 au 25 novembre dernier. Il comporte une marge d'erreur de 2,5 %, 19 fois sur 20.