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Crash de l'avion de Flash Airlines - La seconde boîte noire du Boeing est retrouvée et remise à l'Égypte

Charm El-Cheikh — Les responsables français ont remis hier à l'Égypte la seconde boîte noire comportant les derniers messages du Boeing 737 de Flash Airlines, alimentant l'espoir de déterminer les causes de la catastrophe qui a fait 148 morts.

La boîte noire, qui a été récupérée à l'aube par le robot de France Telecom Marine, Scorpio, comporte les derniers messages entre le pilote et son équipage, avant la chute de l'avion le 3 janvier au large de la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.

Elle est arrivée au port de Charm el-Cheikh à bord d'un remorqueur de la marine égyptienne, Plage d'Agami, qui l'avait ramenée du navire câblier du Scorpio, l'Île de Batz, qui mouille à quelque 5 kilomètres de la côte.

Un tapis vert, bordé de chaque côté d'un cordon de trois marins égyptiens, a accueilli la boîte, de couleur orange, qui semblait quelque peu abîmée.

Elle a été remise par Stéphane Corcos, chef du département des investigations au Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), au procureur du Sinaï, Abdallah Adel Aziz, qui l'a confiée à son tour au chef de l'équipe égyptienne d'enquête, Chaker Quelada.

«L'état de la seconde boîte noire n'est pas aussi bon que celui de la première, mais nous espérons qu'elle pourra être décryptée», a déclaré le capitaine Quelada.

Décryptage

La première boîte noire, comportant les paramètres du vol de l'appareil sinistré, avait été récupérée dans la nuit de vendredi à samedi également par le Scorpio. Elle a été remise samedi aux autorités égyptiennes, qui l'ont confiée immédiatement au laboratoire du ministère égyptien de l'Aviation civile pour décryptage.

La seconde boîte noire, localisée samedi, avait été retrouvée par le Scorpio à une trentaine de mètres de l'endroit où se trouvait la première, avait indiqué à l'AFP Hamdi Sami, chef des plongeurs égyptiens.

Le Scorpio l'a ensuite attrapée avec sa pince mécanique pour la remonter à la surface, comme la première, a-t-il ajouté. «L'opération s'est bien déroulée», a confirmé le président de France Telecom Marine Alain Suard à l'AFP.

La seconde boîte noire se trouvait à 1050 mètres de profondeur, la première à 1022 mètres, selon M. Sami.

Les deux boîtes noires seront décryptées par les Égyptiens, qui ont totalement écarté l'hypothèse d'un acte terroriste. Les informations qu'elles contiennent pourront ensuite être partagées avec les experts français et américains, a déclaré le capitaine Quelada.

«Les Égyptiens ouvriront les boîtes noires pour retirer les données qu'elles contiennent. Celles-ci pourront plus tard être partagées avec les [experts] américains et français participant à l'enquête», a-t-il dit.

Des experts français du BEA et du NTSB (équivalent américain du BEA), de même qu'un représentant du constructeur américain Boeing, participent aux investigations sur les causes de la chute de l'avion égyptien, qui a fait 148 morts, dont 134 touristes français.

Selon M. Sami, «plusieurs pièces» du moteur et du fuselage de l'appareil, y compris des débris de portes et de hublots, ont été repérés au fond de l'eau, dont la plus grande fait deux mètres de long. Mais, a-t-il ajouté, «il est encore tôt pour dire s'il s'agit d'une pièce principale de la cabine de pilotage».

Pour sa part, le capitaine Quelada a indiqué que l'avion avait été totalement brisé.

Le navire hydrographe français Beautemps-Beaupré a appareillé hier pour étudier les courants et déterminer comment se sont éparpillés les morceaux de l'avion.

De leur côté, l'autre robot dépêché sur zone, le Super-Achille, appartenant à la compagnie maritime d'expertise COMEX, ainsi que le Scorpio sont en plongée dans la zone où se trouvaient les deux boîtes noires pour éventuellement récupérer des pièces pouvant aider à l'enquête.