Les agressions homophobes n’ont pas cessé dans le Village

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

Un homme d’une quarantaine d’années, la nuit, près de la station de métro Beaudry. Sauvagement agressé, mais passé sous le radar médiatique, il en est ressorti traumatisé. Sa tentative de suicide vendredi a fait déborder le vase pour le collectif Carré rose, qui réclame que Montréal agisse pour renforcer la sécurité dans le quartier gai.

« Ce sont de vrais actes de violence, il faut ouvrir les yeux et faire plus », martèle au téléphone Louis-Alain Robitaille. Il est porte-parole du groupe créé en 2013, dans la foulée d’une flambée de violence homophobe dans le Village.

En près de deux ans d’existence, les « carrés roses » auront vu défiler plus d’une vingtaine de victimes de ces agressions, des personnes qui mettent beaucoup de temps à s’en remettre, réitère M. Robitaille. Surtout, le fondateur du Collectif dénonce le silence autour de cette criminalité dirigée contre les gais : « Si c’était sur la rue Mont-Royal ou dans Outremont, tout le monde crierait. Mais dans le Village, c’est comme si c’était moins grave. » Le mouvement ne comptabilise que les cas qui lui sont rapportés directement, ce qui laisse présager que les chiffres sont beaucoup plus élevés à l’échelle de la ville.

Surtout, seulement six personnes auraient porté plainte formellement contre leur agresseur, préférant parfois se taire « lorsque leur famille n’est pas au courant de [leur] homosexualité », expose le porte-parole.

En janvier 2014, un climat de peur s’était installé dans les rues de ces environs. Le portrait tuméfié de Christian Beaudoin avait fait le tour des réseaux sociaux, alors que trois autres agressions avaient été rapportées coup sur coup dans des lieux distincts la même fin de semaine. Puis le quartier avait connu une certaine accalmie, quand les policiers du poste 22 ont mis en oeuvre un plan de sécurité accru. « Il n’y avait pas eu d’agressions durant quatre mois, car il y avait une voiture de police attitrée au Village la nuit », relate le carré rose. Même s’il salue le travail du SPVM, il a l’impression que l’attention s’est relâchée. Le Collectif réclame aujourd’hui plus d’éclairage dans les rues, et un regain de la surveillance policière. « Ça suffit », appuie M. Robitaille.

Le maire Denis Coderre s’est dit « sensible à ces questions » par la voix de son attachée de presse. Il est décidé à rencontrer prochainement le Collectif, mais aucune date n’a encore été fixée.

1 commentaire
  • Eric Lessard - Abonné 3 octobre 2015 18 h 15

    Désolant

    C'est assez désolant que des homosexuels, à Montréal en 2015, soient aggressés et que en plus plusieurs, sinon la majorité n'osent pas porter plainte.

    La sécurité est une chose importante. Ces agressions sont une honte.