Vélo: au-delà des «enverdeurs»

L’animateur du débat, l’éditorialiste Antoine Robitaille, et les panélistes Étienne Grandmont, Pierre Michaud, Philippe St-Pierre et le chroniqueur David Desjardins ont discuté ferme mercredi soir à Québec.
Photo: Francis Vachon Le Devoir L’animateur du débat, l’éditorialiste Antoine Robitaille, et les panélistes Étienne Grandmont, Pierre Michaud, Philippe St-Pierre et le chroniqueur David Desjardins ont discuté ferme mercredi soir à Québec.

Le débat organisé par Le Devoir sur la cohabitation entre autos et vélos a suscité de vifs échanges, comme on pouvait s’y attendre, mercredi soir à Québec. Or si tout le monde s’entendait sur la nécessité d’une sorte de réconciliation, on est loin d’avoir clos la discussion.

La question posée par l’animateur abordait la question de front : « Les cyclistes sur les routes sont-ils des “ enverdeurs ” à discipliner ou des citoyens dont le choix de transport est réprimé ? » Comme l’a fait remarquer Antoine Robitaille, le sujet est d’autant plus d’actualité que le gouvernement est en train de réviser le Code de la route.

Le journaliste auto Pierre Michaud (émission RPM à V) a vite lancé qu’il ne fallait pas encombrer un réseau routier déjà surchargé. « Il y a trop de monde sur le réseau », a-t-il lancé en rappelant que le nombre d’automobiles augmentait beaucoup plus vite que les routes. « Les pistes cyclables me semblent la solution la plus logique », a-t-il dit.

Le chroniqueur David Desjardins, représentant assumé du clan vélo, a répondu qu’on ne pouvait pas compter que sur les infrastructures. « Il y a un énorme problème d’agressivité sur les routes », a-t-il lancé. Il a aussi souligné que les projets de pistes cyclables à Québec se butaient souvent à une forte opposition.

Le représentant d’Accès transports viables, Étienne Grandmont, s’est dit d’accord avec M. Michaud sur le rôle crucial des infrastructures, mais en désaccord quant au port obligatoire du casque parce que cela découragerait trop de gens d’utiliser leur vélo.

Le quatrième invité, Philippe St-Pierre, qui représentait le Club Automobile, a déploré lui aussi qu’on s’oppose au port obligatoire du casque. Il a rappelé combien le port de la ceinture avait permis de réduire le nombre d’accidents.

Vers la fin du débat, il s’est par contre montré sceptique quant à l’idée de déneiger les pistes cyclables l’hiver (comme celle des Cheminots) alors que M. Michaud prônait plutôt le contraire. Sinon, personne ne semblait s’opposer par principe à la pratique du vélo l’hiver.

Lors de la période de questions, un membre de l’assistance a déploré l’irresponsabilité de nombreux cyclistes. « Ce sont ces comportements qui enflamment les débats », a déploré M. St-Pierre en parlant d’un « irritant majeur ». David Desjardins a raconté qu’à l’inverse, les cyclistes qui se faisaient « frôler » par des voitures faisaient face à une certaine indifférence de la part des policiers.

Tous ont souligné à un moment ou un autre que la plupart des cyclistes sont des automobilistes et inversement, d’où l’importance de ne pas les opposer de façon absolue. Au Québec, 80 % des membres du CAA sont aussi des cyclistes.

Le Devoir de débattre est une initiative lancée il y a trois ans par l’éditorialiste Antoine Robitaille. Depuis le début, il y a été question entre autres des rapports entre féminisme et maternité et de la pertinence de la Charte des valeurs. Dans la capitale, les débats se déroulent toujours au Musée de l’Amérique francophone.

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