Comité antigentrification - Arrêté, le poseur de fausses bombes reconnaît sa faute

Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a décrit le cerveau du comité antigentrification, Francis Vallée, comme un terroriste urbain, mais l'enquête qui a mené à l'arrestation du jeune homme de 20 ans révèle plutôt l'étendue de son amateurisme.

Vallée a plaidé coupable hier après-midi à cinq accusations de harcèlement criminel, méfait public, émission d'un faux message, méfait et menaces pour avoir posé huit fausses bombes, les 5 et 7 janvier, dans un geste de protestation contre l'embourgeoisement des quartiers Hochelaga-Maisonneuve et Centre-Sud. Il connaîtra sa sentence à une date ultérieure.

L'enquête a démontré que Vallée n'avait ni le savoir-faire ni le matériel nécessaires pour fabriquer de véritables bombes. Dans son appartement de la rue Laurier, dans le quartier Rosemont, les policiers ont saisi un ordinateur, des tracts et des coupures de journaux au sujet de ses exploits. Aucune trace de substances explosives. Des vêtements retrouvés chez lui correspondent aussi aux descriptions fournies par certains témoins.

Huit colis en deux jours

Vallée a posé six fausses bombes le lundi 5 janvier et deux autres le mercredi suivant devant des chantiers de construction et des bureaux de vente de condominiums. Ces alertes non fondées ont mobilisé des dizaines de policiers en plus de paralyser la circulation dans Hochelaga-Maisonneuve et le Centre-Sud. Le jeune homme avait revendiqué les attentats au nom du comité antigentrification, un groupe jusque-là inconnu des policiers et des groupes de défense des droits des locataires.

Pour l'heure, le comité antigentrification est l'affaire d'un seul homme. Mais les policiers semblent croire que Vallée a agi avec des complices. Les enquêteurs s'attendent à «des développements» dans cette affaire dès que leur travail d'analyse sera complété.

Un amateur

Robert Chartrand, commandant à la division des crimes économiques et des incendies criminels au SPVM, a attribué à Francis Vallée le premier «attentat terroriste urbain». «C'est relativement nouveau chez nous», a-t-il dit hier en conférence de presse.

Le terroriste urbain en question a laissé une longue traînée de preuves sur son passage, à commencer par des empreintes digitales sur les tracts et communiqués de revendication retrouvés sur les lieux de ses délits. Comme le jeune homme avait déjà un dossier judiciaire pour des infractions commises auparavant, il était fiché, avec empreintes, dans la base de données du Centre de renseignements policiers du Québec (CRPQ). Vallée a en outre envoyé des communiqués de presse, avec une adresse de courriel, à certains médias. Une perquisition a permis aux enquêteurs de fouiller un ordinateur de la station Info 690, qui avait reçu le document en question, et de retracer l'origine du courriel. La perquisition chez Vallée a permis de compléter le travail d'enquête. Le jeune homme ne semblait pas être surpris de son arrestation.