Tintin au pays des tintinos

Tintinologues, tintinophiles, tintinomanes... Qu'ils soient hommes d'Église ou parlementaires, écrivains ou acteurs, les admirateurs du héros créé voilà 75 ans par Hergé constituent une étrange tribu. Moulinsart est leur château, la Syldavie leur royaume.

sa veuve, Fanny Rodwell, et son second mari, Nick Rodwell, qui règnent en maîtres sur l'exploitation commerciale de l'oeuvre. Un feuilleton à la Dallas où les tintinologues se trouvent privés du droit de reproduire, dans leurs livres, les vignettes des albums. Benoît Peeters, Pierre Sterckx et Albert Algoud, dits « les mutinés de Moulinsart », avaient organisé une fronde en 1997 pour dénoncer les « abus de pouvoir » et les dérives de la gestion de l'empire Tintin. « Notre tintinologie consiste aussi à suivre avec un étonnement amusé les péripéties de l'après-Hergé », commente poliment Albert Algoud.

Une silhouette mystérieuse contemple ces agitations d'une hauteur magnanime. C'est Cyrille Mozgovine, tintinologue de renom, à qui on doit le Dictionnaire Tintin (Casterman). Au colloque du couvent de La Tourette, dont il a préfacé les actes, il a envoyé une télécopie pour s'excuser de son absence. Il ne se montre d'ailleurs jamais. Son ami, frère Cerbelaud, le dit « très discret sur lui-même ». On sait seulement de lui qu'il est russe. D'origine syldave, dit-on parfois. Et qu'il porte le signe de Kih Oskh, propre aux camarades tintinologues : restés de grands enfants, et contents de l'être.